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Et si les lamas avaient la solution pour lutter contre le coronavirus ?

Crédits : mihtiander / iStock

L’épidémie mondiale de coronavirus a lancé de nombreuses recherches à travers le monde, mais l’une d’entre elles se veut particulièrement intéressante. Le lama serait-il la solution contre le coronavirus ?

Un lama capable de résister aux précédentes épidémies

En 2016, une étude avait débuté sur le lama à l’université de Gand en Belgique, mais elle avait été arrêtée lorsque les précédentes épidémies se sont éteintes. Avec l’apparition du Covid-19, les essais ont repris sur Winter, une femelle lama de 4 ans.

Pour leurs tests, les scientifiques ont injecté à Winter des protéines issues de l’épidémie du SRAS et du MERS. Ils ont ensuite testé un échantillon sur son sang. Les chercheurs n’ont pas réussi à trouver un seul anticorps qui combatte les deux virus mais deux anticorps combattant chacun un virus. Pour résumer, le lama a un anticorps capable de combattre le SRAS et un autre capable de combattre le MERS. Tout cela a été révélé dans une étude publiée le 5 mai dernier dans la revue scientifique américaine Cell.

À noter que les recherches sur le lama ne sont pas si récentes. Ces dernières années, les scientifiques ont en effet trouvé des traitements prometteurs contre la grippe et le VIH grâce aux anticorps des lamas.

Étant donné que le lama a déjà réussi à combattre des virus, les recherches contre le coronavirus (Covid-19) sont donc encourageantes.

Crédits : PxHere

Des anticorps plus petits que ceux de l’être humain

Les chercheurs américains et belges ont découvert que les lamas avaient une spécificité. En effet, ils ont un anticorps spécial. Le lama possède deux types d’anticorps lorsqu’il détecte un agent pathogène : un anticorps semblable à celui de l’être humain et un second, quatre fois plus petit que le nôtre.

Ces anticorps plus petits peuvent accéder à des crevasses plus minces pour empêcher le virus de nous infecter et de se fixer sur nous. Cet anticorps agirait donc comme un bouclier et empêcherait le virus de s’accrocher aux cellules des poumons.

Pourquoi le lama ?

Il est vrai que le lama n’est pas le seul animal à posséder ce type d’anticorps. Les requins ont le même type d’anticorps mais, comme l’explique Danier Wrapp, un étudiant diplômé affilié à l’Université du Texas à Austin (États-Unis), « les requins ne sont pas un excellent modèle expérimental et sont beaucoup moins câlins que les lamas ». Les lamas sont en effet beaucoup plus faciles à manipuler, ils sont domestiqués et sont également moins têtus que d’autres camélidés.

De plus, les anticorps de lamas restent stables malgré les manipulations. Ils peuvent même être fusionnés avec d’autres types d’anticorps comme ceux des humains.

Crédits : MayaCom / iStock

L’utilisation des anticorps

Les anticorps de lamas ont été reproduits en grande quantité. L’objectif est maintenant de les rendre compatibles avec l’Homme.

L’avantage des anticorps est qu’une fois administrés, la protection qu’ils offrent est immédiate. Ce n’est pas le cas des vaccins qui doivent être administrés au minimum un mois avant l’infection pour que la personne soit immunisée. Ces anticorps pourront aussi être utilisés sur les personnes infectées afin de réduire la gravité de la maladie. En tout cas, c’est ce que les scientifiques espèrent fortement. Par contre, les effets de ces anticorps ne durent que quelques mois et les injections seraient à renouveler plusieurs fois par an.

Bien évidemment, de nombreux tests doivent être effectués avant que ces anticorps soient massivement utilisés, mais des essais cliniques sont prévus dès cet automne.