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5 gestes de l’équitation classique qui peuvent être contre-productifs

Crédits : CMOgilvie/iStock

Les préjugés vont bon train, et ils n’épargnent pas les écuries. Vous avez certainement eu quelques a priori lorsque vous montiez en club plus jeune ou une appréhension maladive de monter tel ou tel cheval en raison de son caractère, son attitude à soulever le derrière ou s’appuyer sur le mors et d’embarquer tous ses cavaliers. Pourtant, en oubliant ces idées reçues et certains principes parfois contre-productifs de l’équitation classique, vous pourriez changer de regard sur votre cheval, soigner ses peurs et les vôtres par la même occasion. Voici 5 gestes que la pratique de l’éthologie remet en cause pour le bien-être du cheval et de son cavalier.

1. Utiliser des aides artificielles (cravache, éperons)

Certains chevaux pâtissent (à tort) d’une réputation de paresseux. Ceux avec qui il faudrait impérativement s’équiper d’une cravache et d’une paire d’éperons pour les faire avancer sans se fatiguer. Des qualificatifs infondés, comme des rumeurs injustifiées lancées dans les cours de récré. Pourtant, il n’y a qu’à observer votre professeur d’équitation les monter pour vous rendre compte que ces soi-disant paresseux peuvent se transformer en véritables galopeurs sans aide artificielle aucune, et les chevaux au sang chaud, doux comme des agneaux…

Les aides artificielles assistent le cavalier (et le cheval par la même occasion), plus qu’elles ne l’aident vraiment. Avec l’habitude, le cheval se désensibilise et le cavalier s’englue dans ses habitudes, lui qui pense gagner du temps, moins se fatiguer et autres justifications sans fondements…

Pour certains spécialistes des équidés, l’utilisation de la cravache ou des éperons est un signe que l’éducation du cheval a été bâclée. Une manière de se mettre des œillères et préférer la solution de facilité. En plus, la violence ne mène à rien, et encore moins à cheval. Rien n’est plus important pour les chevaux que le calme et la clarté d’aides naturelles précises et savamment dosées. D’ailleurs, des études ont prouvé qu’en compétition, les cavaliers qui utilisent une cravache ont de moins bons résultats que ceux qui n’en ont pas. À méditer…

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Crédits : CMOgilvie/iStock

2. Incurver son cheval avec ses jambes

Un enseignement bien ancré dans les écoles d’équitation traditionnelles qui ne fait pas l’unanimité de toutes les montes. Là encore, pousser son cheval à la seule force de sa jambe d’incurvation pour l’inciter à bien se placer sur un cercle est une autre forme d’assistanat. Moins violente certes que la cravache ou les éperons, mais tout de même.

En travaillant plutôt au contact de la bouche, rêne intérieure levée orientée vers l’intérieur du cercle, vous n’aurez plus à vous fatiguer à pousser votre cheval à s’incurver sans cesse à la force de vos jambes. Et tout le monde s’en portera mieux.

3. Se pencher en arrière pour s’arrêter

Certains enseignements de l’équitation classique peuvent être relativement exagérés. Souvenez-vous vos premiers cours d’équitation où l’on vous imposait de vous plaquer en arrière sur votre selle pour freiner votre monture.

Les éthologues s’accordent à dire qu’au contraire, le fait de se pencher très légèrement vers l’arrière en redressant le buste permet au cheval de sentir l’énergie circuler pour prendre l’allure supérieure. À l’inverse, le fait de se pencher très légèrement en avant, dos un peu voûté inciterait au calme. Rien de plus logique finalement. Bien sûr, ces positions sont quasiment imperceptibles pour un oeil novice, mais à partir du moment où votre cheval a saisi…

4. Toujours garder ses rênes basses

Allez savoir la raison de ce principe ancestral gravé dans la mémoire de chaque cavalier d’équitation classique… Y’aurait-il un danger à la frontière des crins de votre destrier ? Pas à la connaissance des éthologues…

D’ailleurs, si vous observez les cavaliers d’équitation western, vous observerez que le niveau de leurs mains dépasse de loin le niveau de l’encolure. Et leurs chevaux ne s’en portent pas moins bien ! Pour incurver son cheval sur un cercle par exemple, il sera ainsi très avantageux de bien lever la rêne intérieure pour l’amener à se placer correctement.

5. Tapoter l’encolure de son cheval pour le “caresser”

Observez la réaction de votre cheval quand une mouche se pose sur son dos, sa croupe, ses jambes ou son encolure. En l’espace d’une fraction de seconde, celui-ci la chasse d’un frétillement ou d’un revers de queue. C’est dire si la peau du cheval est sensible.

Dès lors, vous comprendrez que cette tape bourrue sur l’encolure de votre monture, que vous aviez l’habitude de lui administrer pour la “caresser”, n’est d’aucune utilité pour lui montrer votre contentement… Une caresse pleine de douceur aura le même effet.

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Crédits : Wavebreakmedia/ iStock

L’éthologie, une pratique qui va plus loin que l’équitation

L’éthologie équine (oui, car il y en a d’autres) est une pratique qui consiste avant tout à étudier le comportement des chevaux en milieu naturel, avec ou sans interaction d’autres espèces.

L’équitation éthologique, elle, est une méthode de dressage douce qui tire son enseignement de l’éthologie, et analyse les rapports entre le cheval et l’être humain comme un ensemble.

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