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France : un ver plat venu d’Argentine envahit nos jardins !

Crédits : PhotographyFirm/iStock

Il s’appelle Obama ungara et a le don de faire trembler tous les vers de terre de France et même d’Europe. Et pour cause, ce ver plat venu tout droit d’Argentine a littéralement envahi les jardins européens. Le problème, c’est qu’il ne s’agit pas d’un ver inoffensif. Au contraire, sa présence occasionne de nombreux dégâts sur la biodiversité locale. Explications. 

Des vers plats présents en masse dans nos jardins

Originaire du Brésil, Obama nungara est un ver plat marron et bien gluant qui mesure entre 5 et 10 cm de long. Son nom signifie d’ailleurs “plat comme une feuille” dans une langue amérindienne. Il est arrivé en France par bateau, non pas en provenance du Brésil mais d’Argentine, dissimulé dans des plantes en pot.

C’est d’ailleurs par ce biais qu’il a envahi la France ainsi que plusieurs autres pays d’Europe, notamment l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Belgique, la Suisse ou encore le Royaume-Uni.

Il est toutefois important de noter que Obama nungara n’est pas la seule espèce de ver plat, aussi appelé plathelminthe, présente en France. En effet, d’autres plathelminthes, certains pouvant parfois mesurer jusqu’à 1 mètre de long, ont élu domicile sur notre territoire depuis plusieurs années. La plupart sont arrivés d’Amérique du Sud ou d’Asie et leur présence a également des conséquences sur la biodiversité locale.

Un plathelminthe repéré pour la première fois en 2013

D’après une récente étude publiée dans la revue PeerJ le 6 février 2020, Obama nungara serait désormais présent dans pas moins de 72 départements français (sur 101), et plus particulièrement sur les côtes atlantique et méditerranéenne.

ver plat obama nungara
Un ver plat de l’espèce Obama nungara. Crédits : Piterkeo / Wikipédia

Le seul endroit où il semble incapable de proliférer est la montagne, au-dessus de 500 m. « L’une des surprises a été de ne pas le trouver en altitude, probablement parce que les nuits y sont trop froides »,  raconte Jean-Lou Justine, professeur au Muséum d’histoire naturelle à Paris et auteur principal de l’étude.

« C’est une jolie histoire qui a commencé en mars 2013 : un amateur naturaliste observe dans son jardin de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) un ver bizarre, et envoie sa photo sur les réseaux spécialisés » poursuit le chercheur.

L’espèce étant jusque-là inconnue, les scientifiques ont alors sollicité les particuliers et les spécialistes pour les aider à identifier l’espèce. En cinq ans, ils ont alors reçu plus de 500 signalements, permettant de localiser le ver dans plusieurs régions de France.

Obama nungara : une espèce devenue invasive

Le problème, c’est que Obama nungara ne fait pas qu’envahir les jardins, il se nourrit également de nos escargots et de nos vers de terre communs, affaiblissant peu à peu leur population. Or, ce sont les vers de terre qui participent activement à la fertilité du sol.

D’après le professeur Justine, Obama ungara serait « probablement la plus menaçante de toutes les espèces exotiques envahissantes de plathelminthes terrestres présentes en Europe ». Rien qu’en France, il y en aurait des milliards. Toutefois, on ne connaît pas encore exactement l’impact écologique de cette espèce.

Et malheureusement, on ne connaît aucun moyen de se débarrasser de ces vers plats. En effet, les écraser ou les brûler ne suffit parfois pas à les tuer et n’est, de toute façon, pas suffisant. En réalité, seul un climat particulièrement froid pourrait, semble-t-il, en venir à bout.

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