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Définition : l’antispécisme, c’est quoi au juste ?

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La vue d’animaux en cage dans un zoo vous laisse perplexe ? Vous ne comprenez pas pourquoi manger du cheval choque plus que consommer une côte de bœuf ? Il y a donc des chances pour que l’antispécisme vous parle. C’est un mot que l’on entend de plus en plus ces dernières années. Et pour cause : il participe à l’éveil progressif des consciences quant au bien-être animal.

L’antispécisme, définition

Si l’on s’en tient à une définition formelle, ce terme désigne toute discrimination fondée sur des critères d’appartenance à une espèce biologique donnée. Il est originaire de la culture anglo-saxonne et a vu le jour dans la seconde moitié du 20e siècle.

En somme, si nous suivons la pensée des personnes antispécistes, nous vivons actuellement dans un monde spéciste dans lequel les animaux sont souvent soumis à la loi humaine, quand ils n’en sont pas tributaires.

« Une éthique antispéciste accorde une considération égale aux intérêts de tous les êtres qui éprouvent des sensations, qui sont sensibles à la douleur et au plaisir. », précise l’association L-214.

Les militant·e·s antispécistes ont donc pour objectif d’amener sur la scène politique des propositions qui prennent en compte les animaux comme des êtres vivants et doués de sensibilité, qui méritent d’être défendus par la loi au même titre que n’importe quel être humain.

Pour résumer, l’Encyclopaedia universalis explique que « l’antispécisme s’oppose ainsi à nombre de conceptions ou philosophies de la nature, à commencer par la vision cartésienne, engageant les hommes à se rendre “comme maîtres et possesseurs de la Nature” ».

poules élevage
Crédits : branex/ iStock

Quelle différence avec le véganisme ?

Pour les personnes familières de ce terme et de sa signification, il est connu que celles et ceux qui se décrivent comme véganes refusent d’utiliser et d’acheter tous les produits qui sont issus d’une quelconque forme d’exploitation animale. Ce boycott a donc pour but de ne pas participer à toute forme de persécution animale.

Les œufs, le cuir, le fromage et toute autre forme de laitage issu d’un animal, mais aussi la viande, les gélules et autres bonbons fabriqués avec de la gélatine animale sont donc proscrits de leur quotidien – entre autres. Sont aussi concernés les cosmétiques et produits d’hygiène testés sur les animaux.

En soi, le véganisme et l’antispécisme sont complémentaires. Même si cette question fait débat, la différence qui peut les caractériser ne se situe donc pas forcément au niveau de leur combat, mais de la manière de le mener.

La lutte contre le spécisme va en effet plus s’incarner dans les domaines comme la politique ou la justice, et va être plus “activiste” et dans l’action (manifestations, pétitions, reportages en caméra cachée voire dégradation de commerces type boucherie).

chauve souris cage marché Asie
Crédits : iStock/loeskieboom

Dénoncer la différence de traitement selon l’appartenance à une espèce

Mais si l’on suit cette idéologie, avoir un animal de compagnie peut-il s’apparenter à une forme sociale de “soumission” des animaux ? Pas vraiment. Ce que dénonce plus en détail l’antispécisme, c’est le fait de niveler les rapports que l’on entretient avec certaines espèces comme les chiens et les chats avec d’autres qui sont souvent moins considérées comme les insectes, les poissons, les serpents et beaucoup d’autres.

Exemple : par laquelle des deux propositions êtes-vous le plus dégouté·e et/ou choqué·e parmi ces suggestions culinaires ?

  • Des côtes de porc ou un steak de cheval ?
  • Une darne de saumon ou un civet de lapin ?
  • Un pavé de bœuf ou une soupe d’ailerons de requin ?
  • Des nuggets de poulet ou une cuisse de chevreuil ?
  • Des crevettes ou de la viande d’autruche ?

Avez-vous systématiquement sélectionné la seconde proposition ? À chaque fois pourtant, il s’agit d’animaux des deux côtés, mais les secondes ont coutume de plus surprendre que les autres… Et ce ne sont que des exemples de viandes que l’on peut consommer, ne serait-ce que dans des pays de culture occidentale.

Ce sont cette différence de sensibilité et ce jugement de valeur – bien souvent inconscients, car acquis depuis la domestication des animaux et ayant évolué depuis – qui sont justement mis en lumière et dénoncés par l’antispécisme.