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Le corail : végétal ou animal ?

récif corail
Crédits : Kanenori/Pixabay

Nous entendons tous parler de la fameuse Grande Barrière de corail et du danger lié à sa future disparition. Mais qu’en est-il de nos connaissances au sujet du corail même ? Où vit-il ? Pourquoi est-il si important ? Fait-il partie d’une espèce animale ou végétale ? Zoom sur l’entité aquatique la plus (tristement) célèbre des océans.

Le corail d’eau chaude

Les coraux les plus irisés se trouvent parmi les eaux chaudes du globe. Ils se développent exclusivement entre les deux tropiques, où la température aquatique reste supérieure à 20 °C. Par ailleurs, les quatre illustres bancs coralliens du monde résident aux États-Unis (en Floride), en Nouvelle-Calédonie, au Bélize, et en Australie. Ajoutons que ce dernier pays accueille le plus renommé et le plus riche des écueils corallifères : la Grande Barrière de corail qui borde l’État du Queensland.

corail
Crédits : mihtiander/iStock

Le corail d’eau froide

Le corail d’eau froide se situe en profondeur, à quelques dizaines, voire centaines de mètres, où la lumière du Soleil est quasiment entièrement filtrée par l’épaisse couche océanique et où la température atteint en moyenne 4 °C. La plupart des espèces coralliennes vivent dans les mers tropicales, mais ce type spécifique s’est très bien adapté au froid intense des extrêmes de chaque hémisphère terrestre. D’ailleurs, des colonies se trouvent en Irlande, en Nouvelle-Écosse (lieu où des chercheurs ont découvert une population d’individus capable de s’immerger jusqu’à sept kilomètres), en Norvège et sur l’île Fugloy, non loin du Groenland. Pour subsister, ils se nourrissent principalement de déchets marins et du plancton.

Aparté sur la Grande Barrière de corail

Selon un sondage de CNN en 2007, la Grande Barrière de corail a été plébiscitée comme l’une des sept merveilles naturelles du monde. Composée de 2900 récifs, elle s’étend sur plus de 900 îles. Seulement, en moins de trente ans, « le plus grand animal du monde » a perdu la moitié de son étendue, régressant à un rythme de plus en plus effréné. À l’instar de la disparition progressive de ses congénères à travers les océans, cela est dû à l’accentuation du tourisme, la pollution des eaux, au réchauffement climatique et à la surpêche.

Grande Barrière de corail du Quuensland, Australie
Une partie de la Grande Barrière de corail du Queensland, en Australie. Crédits : byrneck/iStock

Sa considérable importance au sein des océans

Les récifs coralliens demeurent un parfait rempart contre l’érosion des côtes. De plus, leurs enchevêtrements permettent à une multitude d’animaux marins d’y établir leur habitat. Ils peuvent en outre y dénicher de quoi s’alimenter et se cacher des prédateurs. Malheureusement, si les coraux venaient à disparaître, ce ne serait pas moins d’un quart de la vie océanique qui s’en retrouverait déséquilibré, menaçant l’écosystème terrestre global.

Alors, structure végétale ou animale ?

Les polypes charpentent l’ensemble de ce que l’on nomme le corail. Ce sont des organismes microscopiques qui sécrètent un exosquelette de calcaire, vivant en harmonie avec la zooxanthelle (une algue unicellulaire), cette dernière conférant les nutriments particulièrement nécessaires à la croissance des écueils. Ainsi, la taille des coraux massifs augmente de 1 cm chaque année, tandis que celle des coraux branchus évolue de 10 à 20 cm par an. Les coraux d’eau froide n’ont pas la chance de disposer d’un compagnon symbiotique et se développent plus lentement, au rythme de quelques millimètres par année. Concernant les bancs corallifères les plus imposants, ce sont alors des milliards de minuscules entités vivantes (les polypes) qui s’étendent et forment une communauté prolifique. Le corail fait donc partie de l’incommensurable famille des animaux.