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Sur autoroute, les ponts pour animaux sont-ils vraiment efficaces ?

Crédits : iStock / bbsferrari

Écoponts, écoducs, passages à faune… Ces noms ne vous disent rien ? Pourtant, vous avez déjà dû en croiser, sans même vous en rendre compte. Le plus souvent sur autoroute. Leur mission : protéger la biodiversité, mais aussi sauver des vies humaines. Mais est-ce que ça fonctionne vraiment ? 

À quoi servent les passages à faune ? 

Les passages à faune, ou écoponts, sont en fait de grandes infrastructures végétalisées qui enjambent l’autoroute et dont l’objectif est de faire traverser les animaux sauvages en toute sécurité.

En effet, au moment de la construction des routes, ce sont des écosystèmes entiers qui sont perturbés. En cause ? À la place des champs ou de la forêt, la faune se retrouve confrontée à… une longue langue de bitume.

Pire encore, au-delà du fait que leur milieu naturel a été coupé en deux, voire même a littéralement disparu, ces animaux courent le risque d’être percutés par une voiture si par mégarde ils venaient à traverser. Or, les animaux ne sont pas censés savoir qu’on ne doit pas s’aventurer sur les voies de circulation. Même si leur instinct les avertit du danger, ils sont parfois obligés de franchir les voies pour des raisons de migration, de reproduction ou encore de quête d’eau ou de nourriture.

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Crédits : iStock / Nisangha

Pour les aider à se rendre de l’autre côté de la route sans encourir de danger mortel, on voit peu à peu fleurir sur les autoroutes des écoponts. Ces ouvrages sont d’ailleurs de plus en plus larges. Au début, dans les années 1960, ils ne faisaient que 8 mètres de large. Désormais ils ont une largeur de 25 mètres. Cervidés, félins, rongeurs ou encore amphibiens peuvent ainsi traverser en toute sécurité et sans nécessairement se croiser.

Sont-ils vraiment utiles pour les animaux ? 

Dans le contexte actuel de crise environnementale majeure, les écoponts sont devenus des éléments incontournables dans le paysage autoroutier. Et pour cause, ces ponts végétalisés aériens permettent effectivement de sauver des milliers de vies animales chaque année en reliant les réservoirs de biodiversité entre eux. Un effort nécessaire quand on sait que, chaque année, ce sont pas moins de 194 millions d’oiseaux et 29 millions de mammifères qui sont tués, et ce uniquement sur les routes d’Europe.

Il faut dire que tout est fait pour attirer les animaux jusqu’à ces ponts. En effet, on y trouve généralement des mares pour les amphibiens, des pierres pour les reptiles, des haies pour les oiseaux et les hérissons

Mieux encore, des écrans occultants sont généralement installés pour empêcher les animaux de voir l’autoroute. Ce dispositif fonctionne également la nuit puisque les phares des voitures ne peuvent pas atteindre le dessus de l’écopont. Bref, de quoi faire de ces ponts de vrais corridors de passage pour les animaux.

Pour illustrer notre propos, voici une petite vidéo plus que parlante :

Bon à savoir : en plus des écoponts, des écoducs sont également construits. Il s’agit de passages souterrains destinée aux petits animaux (renards, chats, blaireaux, mustélidés…). Citons également les chiroducs qui permettent d’aider les chauves-souris à éviter les collisions.

Un véritable enjeu pour la sécurité routière

En plus d’assurer la sécurité de la faune sauvage, les passages à faune sont également indispensables en matière de sécurité routière. Car les accidents impliquant un véhicule et un animal font aussi des victimes humaines.

Seulement en France, le passage d’animaux sauvages sur la route représente 40 000 causes d’accidents. Un chiffre considérable. Et n’évoquons même pas le coût économique si l’on prend en compte les frais médicaux et les frais de réparation des véhicules.

Pour toutes ces raisons, la tendance des ponts pour animaux prend de plus en plus d’ampleur. Aujourd’hui en France, pays qui a vu naître le concept de passage à faune, on compte un peu plus de 1800 de ces infrastructures sur les autoroutes.