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France : le gouvernement veut autoriser la chasse 10 mois par an !

Crédits : UrosPoteko / iStock

Alors que les Français sont de plus en plus nombreux à réclamer des mesures en faveur du bien-être animal, le gouvernement semble aller à l’encontre de ce mouvement. La preuve avec ce projet de décret qui autoriserait l’ouverture de la chasse à partir du 1er juin… au lieu du 15 août. 

La chasse, une pratique très peu populaire

Alors qu’en France, les chasseurs sont de moins en moins nombreux (environ 1 million), leurs intérêts semblent tout de même être priorisés par le gouvernement. Pourtant, les chasseurs n’ont pas du tout le soutien de la population. Au contraire, d’après un sondage Ipsos datant de 2018, 81% des Français seraient contre la chasse. 84% des Français jugeraient même cette activité dangereuse.

Si les Français ne portent pas les chasseurs dans leur coeur, c’est pour plusieurs raisons. Tout d’abord, au vu de l’actuelle disparition massive des espèces de notre planète, tuer des animaux pour le plaisir ne semble pas très pertinent.

Ensuite, autoriser des personnes à porter une arme alors même qu’ils n’ont pas reçu de formation digne de ce nom et qu’ils n’ont pas fait l’objet d’une enquête approfondie de personnalité n’est pas très rassurant. Surtout dans un pays comme la France qui ne possède pas la culture des armes à feu.

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Crédits : iStock

Enfin et surtout, la peur de se faire tuer au détour d’un chemin lors d’une banale promenade en famille est l’une des raisons qui poussent les Français à tant détester la chasse. Et les chiffres leur donnent raison… En effet, depuis 20 ans en France, la chasse a donné lieu à près de 3 000 accidents. Dont plus de 400 mortels. Et, même si la plupart des victimes ne sont autres que les chasseurs eux-mêmes, une partie d’entre elles est également représentée par des promeneurs (randonneurs, cueilleurs de champignons, cyclistes…).

De fait, une grande majorité de la population réclame l’instauration d’un jour sans chasse, par exemple le dimanche. L’interdiction de la chasse lors des vacances scolaires, qui plus est en été où les balades dans la nature sont les plus fréquentes, est également fortement souhaitée par les Français.

Bon à savoir : la France est le premier pays d’Europe à comptabiliser autant d’accidents de chasse !

Un projet de décret qui va à l’encontre de l’opinion publique

Ce projet du gouvernement d’avancer le début de la chasse au 1er juin au lieu du 15 août est donc d’autant plus incompréhensible. La raison invoquée ? Maîtriser la population de grand gibier, comme le sanglier, le renard, le cerf et le chevreuil. En effet, ces animaux seraient à l’origine de dégâts sur les parcelles agricoles.

Mais les associations de protection et de défense des animaux, scandalisées par ce projet, possèdent elles aussi de solides arguments. D’après elles, si on laissait faire la nature, la population d’animaux sauvages s’autorégulerait naturellement. Ça a d’ailleurs été le cas dans certaines zones en Suisse où la chasse a été complètement interdite.

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Crédits : Matt_Gibson / iStock

Ainsi, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) appelle, en ce qui concerne les sangliers, à « laisser leur prédateur, le loup, se développer au lieu de vouloir en tuer toujours plus ».

« Tout a été fait au cours des cinquante dernières années pour favoriser la prolifération de l’espèce en France », ajoute-t-elle, entre « nourrissage, préservation des laies reproductrices, lâcher d’individus élevés en captivité, importation des pays de l’Est, chasse en enclos, hybridation avec le cochon ».

Par conséquent, il est absolument nécessaire, selon l’association, de « s’opposer en masse à cette nouvelle régression ou il ne restera bientôt plus que les mois d’avril et de mai pour profiter d’une nature sans chasse en France ». Adieu l’espoir d’un été sans chasse, donc !

Pour donner votre avis sur ce projet de décret, sachez qu’il est ouvert à la consultation publique jusqu’au 3 mars.

Bon à savoir : le gouvernement Macron a le don de s’attirer les foudres des anti-chasseurs puisque, à l’été 2018, il avait pris l’étrange décision de diviser par deux le coût du permis de chasse national (de 400 euros à 200 euros) afin de le rendre plus accessible. Cela avait entraîné une hausse considérable des demandes.

« Les chasseurs représentent moins de 2 % de la population, mais ils s’approprient la nature au détriment des 98 % restants. »

Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas)

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