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Une récompense pour retrouver le tueur d’un lynx en Alsace

Crédits : iStock / Michael Roeder

Tout comme la réintroduction de l’ours ou encore du loup sur le territoire français peuvent faire débat, celle qui concerne le lynx n’est pas en reste. Récemment, le débat s’est cristallisé autour de la mort d’un de ces spécimens dans les Vosges, non loin de la frontière avec l’Allemagne.

Le Lynx, espèce protégée en France

En France, les espèces protégées sont souvent sujettes à débat, notamment en ce qui concerne le loup, l’ours, ou encore le lynx. Si ce dernier est peut-être moins médiatisé que les deux premiers, il n’en reste pas moins que sa réintroduction fait couler beaucoup d’encre – et de sang.

Dans les années 1980, une vingtaine de lynx avaient en effet été réintroduits dans les Vosges, et l’un d’entre eux avait été abattu d’un coup de fusil, en dépit du fait qu’il s’agisse d’une espèce protégée. Malgré cette hostilité, des programmes ont été mis en place.

C’est notamment le cas dans la réserve de biosphère Vosges du Nord-Pfälzerwald, au sein de laquelle Français et Allemands – aidés par exemple de la WWF et de l’UICN – tentent de rétablir des populations de lynx.

La mort d’un lynx met le feu aux poudres 

Le 16 janvier dernier, une ou plusieurs personnes ont donc pris la décision de mettre à mal ces initiatives. Les médias locaux faisaient en effet cas de la mort d’un lynx tué par des coups de fusil, et retrouvé dans la vallée de la Thur. L’animal n’était pas répertorié par l’Office français de la biodiversité (OFB), signe que cet animal discret arrive bon gré mal gré à se reproduire.

lynx Europe Bavière
Crédits : iStock / Boguslaw Chyla

Mais au final, le résultat reste le même : un animal protégé a une nouvelle fois été victime de barbarie. Il s’ajoute à la liste de nombreux autres retrouvés ces dernières années dans les mêmes conditions, ou présentant des traces d’empoisonnement. Si la loi du silence permet bien souvent aux coupables de ne pas se faire pincer, tout est cependant mis en place pour les démasquer.

Une récompense pour retrouver le ou les coupables

Ainsi, une récompense de 2 000 euros a été promise à qui offrira des renseignements utiles pour arrêter le ou les braconniers. Cette annonce a été faite par l’association Sauvegarde Faune Sauvage, qui explique que ce système s’est déjà révélé efficace dans d’autres pays pour contrer des trafics d’animaux.

Pour rappel, porter atteinte à ces animaux est susceptible de coûter 150 000 euros d’amende, sans compter les 3 ans de prison prévus par la loi. Jean-Paul Burget, président de l’association compte donc rendre justice grâce à cette carotte.

« J’espère peut-être que ça va inciter une personne à dénoncer le braconnier. C’est peut-être une histoire de jalousie, de voisinage, d’argent, d’un rabatteur, tout est possible de nos jours. Ça va peut-être encourager quelqu’un à se dire « Tiens ! Il y a 2 000 euros à prendre. » »

Formulée le 2 mars dernier, cette proposition n’a pour le moment pas rapporté les renseignements escomptés. Mais on espère que cette technique portera ses fruits par la suite, ou dissuadera les braconniers de continuer à s’en prendre à des espèces protégées.

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