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Thaïlande : faute de touristes pour les nourrir, la situation des éléphants inquiète…

Crédits : iStock / Rudolf Ernst

Dans ce pays où les éléphants sont utilisés pour promener des touristes sur leur dos, la situation des pachydermes inquiète. En raison de l’épidémie de coronavirus qui sévit actuellement et paralyse une bonne partie du monde, les touristes ont déserté les lieux. Avec des conséquences inquiétantes pour les éléphants, déjà en situation délicate. 

Pénurie de touristes en Thaïlande

Pays touristique s’il en est, la Thaïlande a toute une économie basée sur les revenus de ce secteur d’activités. Mais depuis le début de la pandémie de coronavirus, le nombre de touristes est en chute libre. Particulièrement pour ce qui est des Chinois, qui constituaient jusqu’alors 25% d’entre eux.

Et les conséquences sont loin d’être rassurantes. Les parcs d’éléphants ne peuvent plus compter sur les retombées financières du tourisme : ils ont donc été officiellement fermés (de manière temporaire) par le gouvernement en réaction au coronavirus.

Il en est de même pour les propriétaires d’éléphants qui proposaient des promenades sur le dos de ces animaux. Résultat : ce chômage particulier amène son lot de mauvaises nouvelles. Faute de revenus, les éléphants déjà victimes de maltraitance en temps normal ne peuvent plus être nourris ou soignés.

éléphant Asie tourisme
Crédits : iStock / rez-art

Une situation préoccupante

Ce sont pas moins de 2 000 éléphants qui sont donc concernés par cette situation exceptionnelle. Ils sont, pour la plupart, enchaînés et affamés, quand ils ne se battent pas entre eux lorsqu’ils sont enfermés ensemble. Les mahout – les propriétaires de ces éléphants – ont dû baisser leur salaire de 70%, et sont dans l’impossibilité de nourrir leurs animaux.

Prenons l’exemple d’Ekasit, un  éléphant de 43 ans qui passe désormais ses journées enchaîné sans pouvoir manger à sa faim. Selon les dires de son mahout Kosin : « Ce n’est pas suffisant. Il n’a que la moitié de sa ration quotidienne. Sa santé est en danger ». Car, à terme, c’est effectivement leur survie qui est en jeu.

Certains propriétaires de parcs ont d’ores et déjà fait appel à la générosité d’éventuels donateurs pour pouvoir continuer à prendre soin de leurs éléphants. D’autres ont également sollicité le gouvernement en vue d’avoir une aide financière qui leur permette de tenir le temps de la pandémie.

Crédits : Jean-Pierre Dalbéra/Flickr

Impossible de les rendre à la nature

Nous l’évoquions il y a quelques jours : la situation des éléphants en Thaïlande laisse à désirer. Bien que quelques décrets soient mis en place pour tenter d’améliorer leur sort, la situation est loin d’être idyllique. D’aucuns se contenteraient de dire qu’il faut les relâcher dans la nature, mais la situation est loin d’être aussi simple.

Et pour le comprendre, il convient de faire un léger rappel historique. Pendant des siècles, les éléphants ont été utilisés en Thaïlande pour participer aux travaux forestiers. Jusqu’à ce que cette pratique soit interdite par la loi en 1989. Les éléphants alors utilisés pour ce type de labeur n’ont pas pu être réintroduits dans la nature. Pourquoi ?

En raison des rivalités que cela aurait amené avec les éléphants sauvages et le risque de transmission de maladies. Aujourd’hui, il y aurait environ 3 800 éléphants “domestiques” dans le pays contre près de 4 000 à l’état sauvage. Pour les premiers, la seule solution viable semble donc être les sanctuaires qui font tout pour leur bien-être, et dans lesquels ils ne sont pas en contact direct avec les touristes.

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