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Le trafic illégal de pangolin à l’origine du coronavirus ?

Crédits : 2630ben / iStock

L’arrivée du coronavirus en ce début d’année a notamment permis de mettre en évidence et de dénoncer les différents trafics d’animaux qui sévissent dans le monde. Si certains marchés asiatiques sont coupables de vendre des espèces sauvages souvent protégées, ils ne sont qu’une partie d’un réseau à l’échelle mondiale, dont le pangolin est l’une des victimes.

Le pangolin : vecteur principal du virus ? 

Après la chauve-souris et le serpent, c’est un nouvel animal qui est désigné comme étant l’élément de transmission du coronavirus Covid-19 à l’Homme : le pangolin. C’est en tout cas la conclusion à laquelle sont parvenus des scientifiques chinois de l’Université d’Agriculture de Chine du Sud. Ils en ont fait part dans une déclaration, sans pour autant publier leur étude.

À l’occasion de plus de 1 000 tests génétiques, ils ont remarqué des similarités entre les séquences de génomes des virus observées sur des pangolins et celles du coronavirus. Les premières étaient en tout cas identiques à 99 % aux secondes. De quoi faire avancer la recherche sur le sujet, même si rien n’est définitif.

Si l’on s’en tient à cette version, le déroulé des événements serait le suivant : un pangolin aurait mangé des aliments contenant des déjections de chauve-souris, ingurgitant en même temps le coronavirus. Une fois braconné, celui-ci aurait été consommé par un humain auquel il aurait pu transmettre le virus.

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Crédits : Manis temminckii/Wikipédia

Les braconniers, véritables responsables

En attendant d’avoir le mot de la fin, de nombreux titres de presse blâment cet animal dans des formulations qui oublient un élément essentiel : le braconnage. C’est en effet le seul élément à incriminer dans cette affaire. Nous avions déjà évoqué le fait que le trafic de ces animaux est un véritable fléau, qui menace à terme tout un écosystème.

Le pangolin est tristement célèbre pour briguer la première place du podium des animaux les plus braconnés au monde. Loin d’être en perte de vitesse ces dernières années, le trafic de pangolins alimente principalement les marchés asiatiques. En effet, la médecine chinoise apprécie particulièrement ses écailles, et sa viande est vendue à prix d’or.

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Changer les mentalités

Les chiffres font état d’environ 500 000 pangolins sacrifiés chaque année. Et quand bien même il n’est pas l’animal hôte du coronavirus, espérons au moins que sa présence dans les médias ait un impact sur la répression des trafics dont il est victime. C’est en tout cas ce que beaucoup d’associations espèrent.

En 2003, l’épidémie de SRAS avait eu pour effet d’interdire la présence sur les marchés de civettes, autres victimes du braconnage. C’est en effet la consommation de l’une d’entre elles — préalablement contaminée par des déjections de chauve-souris là aussi — qui avait entraîné la maladie responsable d’environ 800 décès.

Quand certains espèrent que le drame qui est en train de se dérouler aura un impact sur la répression du braconnage, d’autres craignent que les « gens ne prennent peur des pangolins ». C’est le cas de Bill Zeigler, chercheur au Brookfield Zoo’s Chicago Zoological Society. Il avoue en effet ses craintes de voir les gens s’attaquer aux pangolins par peur de la contamination, « quand bien même il n’y a aucun danger ».

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