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Le macareux moine : tout savoir sur cet oiseau-symbole

Crédits : wjarek/iStock

Facilement identifiable grâce à son bec unique, le macareux moine, aussi appelé « le perroquet de mer », est un oiseau atypique qui vit sur la partie Atlantique Nord. Petit tour d’horizon sur cet animal aujourd’hui protégé.

Où vit le macareux moine ?

Le macareux moine (Fratercula artica qui signifie « petit frère de l’arctique ») est un oiseau pélagique qui vit la plupart du temps en haute mer, évoluant sur le côté nord de l’océan Atlantique. Les trois autres espèces de macareux se trouvent quant à elles dans le Pacifique. Nous pouvons l’apercevoir au Canada, en Islande, en Irlande, en Écosse, aux Shetland, en Scandinavie, aux îles Féroé et en Bretagne. Il vient alors nicher sur les terres seulement durant la période de reproduction, se répartissant sur les falaises et les pentes herbeuses.

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Crédits : Andreas Trepte/Wikimedia

Le macareux moine, véritable symbole

Ce type de macareux possède une longévité moyenne de 25 ans. La forme bombée et la teinte de son bec, moitié foncée, moitié rouge-orangée, en font un oiseau pareil à nul autre. Sa singularité est telle qu’il est devenu le symbole de la Ligue française pour la protection des oiseaux. Il est également l’emblème de Terre-Neuve-et-Labrador, une région canadienne, de l’Islande, ainsi que de Perros-Guirec, en Bretagne. La Bretagne est d’ailleurs la seule région de France métropolitaine où cet animal séjourne. Les colonies se regroupent en effet dans la réserve naturelle des Sept-Îles, un réseau de petites îles proche du littoral breton.

Son mode de vie

Son régime alimentaire de prédilection est le petit poisson, mais il peut aussi occasionnellement avaler des crevettes et des mollusques. Lors de ses parties de pêche, il plonge profondément sous l’eau et peut récolter dans son bec plusieurs proies en même temps. Pour se nourrir convenablement, un macareux adulte engloutit une quarantaine de prises par jour. Ses fonctions rénales et ses glandes nasales lui accordent une très bonne tolérance au sel, si bien qu’il peut récupérer sa nourriture en pleine mer.

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Crédits : IainPoole/Pixabay

Le macareux moine est réputé très bon nageur. En revanche, sa silhouette ronde ainsi que ses courtes ailes font de lui un piètre oiseau volant. La disposition de ses couleurs n’est pas sans rappeler le pingouin et le manchot, mais sa manière de se déplacer également, car sa démarche sur la terre ferme est maladroite, sautillant et bringuebalant de la tête. Enfin, pour dormir, l’animal se laisse bercer par les flots de l’océan.

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Crédits : Pixnio

 

Une espèce qui périclite

Dans les années 1900, quelques chasseurs s’adonnèrent à de véritables tueries de masse, en particulier sur l’île de Rouzic. Ces exterminations abominables firent brutalement chuter leur population, passant de 15 000 spécimens à seulement quelques centaines. Dès lors, le préfet des Côtes-du-Nord (aujourd’hui appelé les Côtes-d’Armor) y interdit la chasse et tout autre trafic des macareux. En 1976, les Sept-Îles ont été déclarées réserve naturelle nationale, permettant ainsi la protection des oiseaux. Depuis, l’espèce s’est peu à peu reconstituée. Néanmoins, leur démographie est de nouveau en baisse. Attirés par les décharges publiques, les goélands s’attaquent en effet aux oisillons, tandis que les rats, introduits par l’Homme, dérobent les œufs.

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Crédits : vdugrain/Pixabay

Le macareux moine est une espèce magnifique, mais qui n’est pas le seul spécimen du monde aviaire à détenir un bec aussi spectaculaire, loin s’en faut. Il nous rappelle combien la nature est riche, belle et diverse. De surcroît, sa condition doit nous inciter à rapidement endiguer les pratiques qui déciment la faune.