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Faune et flore : près de 20% des espèces sont menacées en France

Crédits : iStock / JMrocek

À l’occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage qui a eu lieu hier mercredi 3 mars, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a entre autres souhaité tirer la sonnette d’alarme. Malgré les efforts fournis de certains côtés, la biodiversité est sur une pente descendante en France. Et au vu des chiffres, il y a en effet de quoi s’alarmer, même si des mesures peuvent être prises pour enrayer cette triste évolution. 

13 années d’observations

Hier, le Comité français de l’UICN, l’Office français de la biodiversité et le Muséum national d’Histoires naturelles (MNHN) ont joint leurs forces pour faire passer un message clair : il est grand temps de se préoccuper sérieusement de la préservation de la biodiversité en France. Pour étayer leur argumentaire, pas moins de 13 années de données chiffrées concernant toute la France ont été mobilisées.

À titre de rappel, l’UICN est une ONG chargée de veiller à la préservation de la biodiversité à l’échelle mondiale. Parmi ses missions les plus connues figure celle d’attribuer aux espèces un statut de conservation, qui va de l’extinction à la préoccupation mineure. Entre ces deux extrêmes, ce sont donc les dénominations qui avoisinent le “en danger critique d’extinction” qui nous préoccupent.

La situation se dégrade

Depuis 2008 donc, ce sont pas moins de 13 842 espèces qui ont fait l’objet d’une surveillance particulière – dont 17,6 % sont menacées. Parmi les familles d’animaux qui regroupent le plus d’espèces menacées, on recense notamment les oiseaux nicheurs (32 %), suivis des crustacés d’eau douce (28 %), des reptiles (24 %) et des amphibiens (23 %) pour la France métropolitaine.

Pour ce qui est de l’Outre-mer, 33 % des poissons d’eau douce sont des espèces menacées à la Réunion. Ce chiffre est de 43 % pour la flore vasculaire et 42 % des reptiles terrestres à Mayotte. En Martinique, ce sont 28 % des mollusques continentaux qui sont concernés.

raie manta
Crédits : MichaelStubblefield/iStock

Pour 2100 autres espèces comme les requins, raies et chimères, les données étaient insuffisantes pour créer des statistiques. « Si nous avions plus de données, nous pensons que nous mettrions plus d’espèces dans ces catégories menacées », déplore Laurent Poncet du MNHN.

Réagir tant qu’il en est encore temps

Au contraire, la flore vasculaire, les papillons de jour ainsi que les libellules et demoiselles sont les familles qui regroupent le plus d’espèces dont le statut est de “préoccupation mineure” en France métropolitaine. Mais au total, ce sont tout de même 187 espèces qui ont totalement disparu des radars français ces 13 dernières années. Certaines d’entre elles ne sont déjà plus d’actualité sur toute la surface terrestre

Florian Kirchner, de l’UICN France, rappelle quant à lui qu’ici, « nous parlons des espèces qui bénéficient le plus d’effort de conservation, les vertébrés, et pas des insectes ou des mollusques ». De quoi inciter à mieux penser les politiques de conservation et de protection des espèces pour les années à venir.