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Chiens guides d’aveugles : comment sont-ils formés ?

Crédits : Cylonphoto / iStock

Les chiens guides d’aveugles sont très intelligents et dotés de nombreuses capacités afin de venir en aide à leur maître. Mais comment le chien guide est-il formé ?

1. La naissance du chien guide

La plupart des chiens guides naissent dans des élevages. De nombreuses races peuvent être utilisées comme le labrador, le golden retriever, le labrador croisé golden, le labradoodle, le berger allemand, le border collie, le flat coated, le barbet ou encore le berger suisse. Les chiens doivent être de taille moyenne. Les professionnels utilisent les chiens les plus adaptés et s’essayent à des croisements afin d’améliorer les compétences de ces chiens. Les éleveurs choisissent les chiots en meilleure santé et qui paraissent stables afin de leur assurer un avenir de chien guide.

chien câlin
Crédits : 8 777 334/Pixabay

2. La famille d’accueil

Une fois le chiot sevré, il intègre sa famille d’accueil, bénévole.

Il existe 3 types de familles :

  • La famille d’accueil : pendant 1 an, le but est d’apprendre au chien à vivre en communauté, à se socialiser. Selon sa famille, il apprend donc à vivre avec des enfants, des adultes et même d’autres animaux.
  • La famille de séjour : cela peut être par exemple quand un animal vient de subir des soins vétérinaires et a besoin de repos.
  • La famille de week-end : permet au chien de se détendre et de se reposer le temps d’un week-end.

Ainsi, jusqu’à l’âge de 1 an, il reste dans cette famille pour découvrir le monde. Il sort afin de découvrir la ville, la campagne, la foule, les centres commerciaux, les transports en commun. L’éducation doit se faire dans le respect de l’animal et surtout sans aucune violence. En parallèle, le chiot suit des cours dans l’association qui s’occupe de lui.

À ses 7 mois, le chien est évalué par un éducateur pour vérifier ses capacités. Il doit savoir s’adapter, communiquer et être sociable. Ce bilan permet à l’éducateur d’informer la famille des points compris et des points à retravailler avec le chiot.

3. L’examen à 1 an

Lors de son premier anniversaire, notre élève chien guide va avoir le droit à un bilan santé complet. Plusieurs radios vont être effectuées comme celle des hanches par exemple pour être certain qu’il n’a pas de difficultés à marcher ou de problèmes qui pourraient se révéler plus tard. Les spécialistes vérifient également la vue du chiot. Il doit avoir une très bonne vue puisqu’il représente les yeux de son maître. Il doit être capable de tout voir afin de réagir et d’anticiper.

À 1 an, le chiot quitte sa famille d’accueil et a également le droit à un bilan des éducateurs afin de savoir s’il est apte à devenir chien guide. Les éducateurs vérifient tout ce qu’il a pu apprendre, mais aussi son caractère (il ne doit pas être violent). Il arrive que certains chiens ne soient pas aptes, mais souvent les éducateurs s’en rendent compte assez tôt. Le chien peut alors devenir chien médiateur ou se faire adopter par une famille.

chien guide d'aveugle
Crédits : belchonock/ iStock

4. La formation intensive à l’école des chiens guides

Pour pouvoir remettre un chien guide à une personne déficiente visuelle, environ 700 heures de travail sont nécessaires. Le programme d’éducation du chien est vaste.

Tout d’abord, il doit être capable d’obéir à des ordres tels qu’assis, couché, viens, au pied. Il doit être très réactif au rappel étant donné que son propriétaire ne pourra pas le chercher s’il part trop loin. Il doit aussi connaître les codes pour éviter des objets, s’arrêter en cas de danger, s’asseoir avant de traverser, s’arrêter à la fin du passage piéton pour faire comprendre à son maître qu’il y a une marche… Le chien guide doit également savoir faire des recherches lorsque son maître le lui ordonne. Le jeune chien doit savoir trouver un siège, un bouton, un arrêt de bus, une borne de métro ou encore un passage piéton pour aider son maître.

Les éducateurs apprennent aux élèves chiens guides à s’adapter en toutes circonstances. Ils doivent être à l’aise en ville ou à la campagne, mais aussi savoir gérer leurs émotions. Il n’est pas concevable qu’un chien ait peur d’un bruit et sursaute, cela pourrait mettre son maître en danger. Les éducateurs canins essayent donc de confronter l’animal à tous types de bruits.

Chose importante : il ne faut pas caresser un chien guide lorsqu’il est avec son harnais car il travaille. Vous risquez de le déconcentrer.

Au bout de 8 mois, le chien en apprentissage passe un certificat d’aptitude censé valider ses acquis. Le certificat comprend un test sous bandeau en ville puis en campagne, ainsi que de nombreux exercices. S’il échoue, le chien à l’occasion de repasser les épreuves.

Chien guide d'aveugle
Crédits : bobbymm/ iStock

5. La rencontre avec son maître

Il faut environ 2 ans d’attente pour obtenir l’aide d’un chien guide. Il permet d’apporter un sentiment d’indépendance à son maître, et offre une meilleure mobilité qu’un bâton de guidage. Le chien permet aussi au maître en situation de handicap de se sentir soutenu.

Les éducateurs cherchent le chien parfait et étudient la compatibilité du chien et du futur maître en fonction de plusieurs critères. Il faut que les deux soient compatibles au niveau du tempérament, de l’allure de marche, mais aussi du mode de vie. Les éducateurs affilient donc les races les plus actives avec des personnes actives.

La remise du chien prend deux semaines. Il est remis gratuitement à la personne qui en a le besoin (les chiens sont formés grâce à des dons). La première semaine, le maître et le chien se rencontrent au sein de l’association pour se découvrir et faire de premiers exercices ensemble. La deuxième semaine, l’éducateur se rend avec le chien au domicile de la personne déficiente visuelle afin d’habituer le chien et le maître à leur nouvelle vie ensemble. Ils font par exemple les chemins habituels du maître, le tour du logement avec l’animal. L’éducateur apprend également au maître à utiliser les termes qui ont été appris au chien guide.

Après sa remise, le chien continuera d’être suivi de temps en temps, surtout à partir de 8 ans où les professionnels essayent de détecter les symptômes liés à l’âge avant sa retraite à l’âge de 10 ans.