in

Les « burros-taxis » ou comment des ânes souffrent chaque jour en Espagne

Crédits : Wokandapix/Pixabay

Les « burros-taxis » ou « ânes-taxis » attirent les touristes au village de Mijas, à proximité de Malaga en Andalousie, et amusent les grands comme les petits. Seulement, voilà, sous cet aspect pittoresque se cache en réalité une maltraitance animale permanente, alimentée par la distraction de l’être humain, qui est ici lourde de conséquences. En effet, ces ânes vivent dans des conditions choquantes et subissent des sévices corporels.

Le désespoir journalier de ces ânes

Les ânes sont parqués, serrés les uns contre les autres, attachés par une corde extrêmement courte qui ne leur laisse aucune liberté, pas même celle de tourner la tête. Des touristes rapportent également qu’aucun point d’eau ne leur est disponible, et ce, sous une chaleur étouffante, attendant en plein soleil que des touristes viennent participer à cette « attraction ». Voici donc la vie qu’ont ces ânes, si tant est qu’on puisse qualifier cela d’une vie.

Des critiques d’internautes affirment de la même façon que les ânes restent debout toute la journée sans pouvoir s’allonger et sont parfois brutalisés. De plus, un vétérinaire a constaté en 2015 de multiples blessures sur les animaux, dont des ulcères, des problèmes cutanés, des infections causées par les selles ainsi que des meurtrissures au museau.

ânes espagne
Crédits : Capture image YouTube/PACMA

Au vu et au su de tous

Cependant et heureusement, la plupart des gens s’offusquent, riverains comme vacanciers. Depuis plus de dix ans, de nombreuses pétitions ont circulé pour faire cesser l’activité, sans succès. En outre, des rassemblements ont eu lieu afin de protester contre ces pratiques tortionnaires.

En réponse, la mairie de Mijas a proposé des changements positifs en faveur des animaux comme des barrières séparatrices entre les équidés, des soins médicaux plus fréquemment appliqués et l’interdiction de contraindre l’animal à porter une charge supérieure à 80 kilos. Il s’agit toutefois d’autant de solutions non respectées qui ne contribuent qu’à atténuer pour un temps et de manière légère la colère montante des personnes qui œuvrent pour que cela cesse.

Une part de responsabilité chez les vacanciers

Le tourisme lui aussi porte une certaine responsabilité face à cette maltraitance. Effectivement, si le boycott total de ce genre d’activités s’appliquait, ces pauvres bêtes n’auraient plus à subir ces traitements ignominieux. Après avoir assisté à ce spectacle honteux, certains vacanciers se disent horriblement scandalisés et expriment leur indignation sur les guides touristiques tels que Trip Advisor et Le Petit Futé qui répertorient ces « divertissements ».

« Nous avons été choqués de voir ces pauvres ânes ainsi attachés en plein soleil et sans eau. Ils restent debout non-stop, sans jamais pouvoir se reposer. Nous avons des moyens de locomotion modernes (vélo, taxis, voiture) et nos pieds pour découvrir une ville, nul besoin de faire souffrir ces animaux sensibles et intelligents et les traiter ainsi par toute météo. Nous n’irons plus à Mijas tant que cette “attraction” horrible y est proposée. C’est aux touristes de boycotter cette honteuse exploitation d’animaux victimes du tourisme cruel ! », commente ainsi un internaute sur Trip Advisor.

ATTENTION ! La vidéo ci-dessous contient une scène de violence infligée envers un âne de Mijas et peut choquer les personnes les plus sensibles :

Le calvaire de ces équidés s’éternise

Aujourd’hui, en dépit de toutes ces protestations, rien n’est réellement mis en place par les autorités compétentes pour enrayer la souffrance des ânes de Mijas, qui continuent de supporter les tortures chroniques. Néanmoins, le combat des associations perdure pour libérer ces ânes éprouvés. Espérons qu’ils retrouveront rapidement le droit de jouir d’une vie bien meilleure.

Par ailleurs, l’Espagne demeure le berceau de la tauromachie. Cette tradition, ô combien barbare, est aussi pratiquée à Dax, ville du sud-ouest de la France. En 2017, des militants anti-corridas s’étaient d’ailleurs jetés dans l’arène immédiatement après la mort du taureau pour dénoncer cette pratique.