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Au Kenya, la population d’éléphants prospère après des années de braconnage

Crédits : iStock / NiseriN

Le Kenya a récemment offert une nouvelle preuve de l’efficacité de mesures et autres programmes visant à lutter activement contre le braconnage. Selon les autorités, il y aurait en effet eu une hausse du nombre d’éléphants recensés dans le pays. Un véritable succès pour celles et ceux qui œuvrent au quotidien pour préserver ces animaux.

Des chiffres plus qu’encourageants

Les données fournies parlent d’elles-mêmes : en 1989, on recensait environ 16 000 éléphants dans le parc national d’Amboseli situé au sud du pays, près de la frontière avec la Tanzanie. En 2019, ce sont pas moins de 34 000 pachydermes qui ont pu y être comptés !

C’est plus du double d’individus observés auparavant, et la progression est plutôt rapide. Cette dernière s’est effectuée en une trentaine d’années seulement. On comprend donc que le Ministre chargé du tourisme Najib Balala se réjouisse dans une déclaration relayée par Reuters :

« Ces dernières années, nous avons réussi à dompter le braconnage dans ce pays. »

On doit en effet cette amélioration à une réaction à la mesure des actes barbares qui ont longtemps été commis pour récupérer l’ivoire des éléphants. Au fil des années, les peines de prison ainsi que les amendes infligées suite à des actes de braconnage se sont considérablement durcies dans le pays. Ces sanctions concernant aussi les personnes s’adonnant à la vente ou à l’achat de ces marchandises interdites.

Le braconnage en baisse

À titre d’exemple, et pour empêcher que des trafiquants ne puissent profiter d’un butin bien mal acquis, le président Uhuru Kenyatta avait en 2016 fait brûler des défenses d’éléphants ainsi qu’une centaine de cornes de rhinocéros. Le message étant le suivant : hors de question de cautionner ce type de commerce.

En 2020, 7 éléphants ont succombé entre les mains de braconniers, contre 34 en 2019. Si ce chiffre témoigne d’une réelle baisse, il est toutefois à mettre en perspective. Le confinement a en effet largement entravé l’activité des tueurs d’éléphants… Mais la tendance générale reste tout de même à la baisse puisqu’en 2018, environ 80 éléphants avaient été victimes de braconnage.

Si l’on se penche sur le nombre de naissances, on en dénombre pour le moment 170 cette année. En 2019, ce sont 17 éléphanteaux qui ont vu le jour contre 113 en 2018. Une différence qui peut s’expliquer par la longue durée de gestation chez l’éléphante – pas moins de 2 ans. 2020 est donc une année faste pour les pachydermes africains !

éléphant éléphanteau
Crédits : Free-Photos/Pixabay

Une espèce toujours en danger

Tout comme les baleines à bosse – qui ont largement souffert de la pêche intensive – ont atteint 93 % de leur chiffre d’origine ces dernières années, les éléphants se remettent eux aussi peu à peu sur pieds. Mais il n’est pas question de se reposer sur ces acquis, aussi encourageants soient-ils.

L’éléphant d’Afrique est toujours une espèce considérée comme vulnérable par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Les efforts déjà fournis au cours des précédentes décennies vont donc être poursuivis avec pour objectif de toujours mieux protéger cet animal du braconnage et d’autres dangers qui pèsent sur lui – la perte d’habitat étant la seconde menace qui inquiète les spécialistes.