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Afrique du Sud : légalisation de la vente de cornes de rhinocéros

Crédits : Free-Photos/Pixabay

Une vente aux enchères de 500 kilos de cornes de rhinocéros a été autorisée par la justice sud-africaine. Cette décision divise alors que ce commerce est illégal partout dans le monde.

Le plus gros éleveur de rhinocéros de la planète, John Hume, est l’organisateur de cette vente aux enchères qui fait polémique. Fervent protecteur de cet animal en voie de disparition, il a pour habitude d’écorner lui-même ses 1500 rhinocéros tous les 20 mois afin d’éloigner les braconniers. En effet, si l’écornage est fait correctement, les cornes repoussent.

Une vente aux enchères aux objectifs flous

L’argument de John Hume pour faire pression sur les autorités dans le but d’organiser sa vente aux enchères est simple. Il affirme que l’argent récolté servira à « financer l’élevage et la protection des rhinocéros ». Pour résumer, les fonds permettront de faire tourner son ranch. Noble projet ? Pas si sûr…

L’exportation des cornes de rhinocéros est strictement interdite, ce qui donne lieu à l’existence d’un marché noir assez conséquent. John Hume se targue de vouloir les vendre uniquement à des Sud-Africains afin de ne surtout pas faire profiter ce marché caché. Or, les Sud-Africains n’ont aucune utilité de ces cornes. Ce sont les pays asiatiques qui sont intéressés. Et John Hume ne s’y est pas trompé. En effet, le site de la vente aux enchères qu’il a organisée était disponible en anglais, chinois et vietnamien. Tiens, tiens…

Des cornes en kératine

La méthode de John Hume pour enlever les cornes de ses rhinocéros est sans douleur : à l’aide d’un sédatif, il les endort puis procède à l’opération qui dure à peine quinze minutes. Les cornes de ces pachydermes sont faites de kératine comme nos cheveux et nos ongles humains. Elles repoussent donc au bout d’un certain temps.

rhinocéros
Crédits : Pxhere

John Hume utilise cette technique dans le but de diminuer le braconnage. Selon lui, si la vente de cornes de rhinocéros est légalisée en Afrique du Sud, cela permettra de faire barrage au braconnage, car le trafic pourra être contrôlé. Les ONG sont quant à elles de l’avis contraire. Elles misent plutôt sur une augmentation de la demande, ce qui mettra encore plus en danger ces animaux au bord de l’extinction.

Le fléau du braconnage

Les quelque 29 500 rhinocéros encore en vie se trouvent à 80 % en Afrique du Sud. C’est donc sur ce pays que repose leur sauvegarde. Mais le braconnage fait rage dans cette région du monde et 1000 rhinocéros sont tués chaque année pour leurs cornes. Les braconniers ne s’embêtent pas à anesthésier les rhinocéros pour pouvoir prélever leurs cornes. Ils choisissent la facilité et les tuent directement.

Le commerce illégal de cornes de rhinocéros part d’Afrique du Sud pour rejoindre la Chine et le Vietnam, des consommateurs très friands de ces appendices. En effet, leurs vertus thérapeutiques (infondées, il faut le préciser) sont très prisées par la médecine traditionnelle. Elles sont aussi parfois sculptées afin de devenir des œuvres d’art. Enfin, en Chine, avoir une corne de rhinocéros exposée dans son salon est un signe de réussite sociale. De quoi donner envie de s’arracher les cheveux…

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