Entre 27 et 29 : c’est le nombre d’ordres de mammifères actuels, selon la classification que l’on consulte. Un ordre est un niveau de classification scientifique situé sous la classe Mammalia et au-dessus de la famille. Les plus connus sont les Carnivora, les Primates, les Rodentia, les Chiroptera, les Cetacea, les Artiodactyla, les Perissodactyla et les Proboscidea. Ce guide donne les critères pour les distinguer, un tableau à imprimer et une méthode pour ranger un animal inconnu dans le bon ordre.

Combien y a-t-il d’ordres de mammifères et à quoi correspond ce niveau de classification

La définition du rang taxonomique « ordre »

La classification héritée de Linné emboîte des rangs comme des poupées russes : classe, ordre, famille, genre, espèce. Le chat domestique, par exemple, appartient à la classe Mammalia, à l’ordre Carnivora, à la famille des Felidae, au genre Felis, et son espèce est Felis catus. L’ordre est donc un grand tiroir à l’intérieur des mammifères. Il rassemble des familles qui partagent un même plan d’organisation, hérité d’un ancêtre commun.

L’être humain appartient à l’ordre des Primates, à la famille des Hominidae, au genre Homo, et son espèce est Homo sapiens. Au-dessus, on retrouve la classe des mammifères, l’une des 5 classes de vertébrés.

Un nombre d’ordres qui varie selon les classifications scientifiques

Pourquoi cette fourchette de 27 à 29 ? La référence académique Mammal Species of the World (Wilson et Reeder, 2005) retient 29 ordres. Des bases plus récentes, comme la Mammal Diversity Database, en comptent 27, car elles fusionnent les cétacés avec les Artiodactyla et regroupent les anciens Soricomorpha et Erinaceomorpha dans les Eulipotyphla. Les deux chiffres sont défendables : ils reposent sur des choix de découpage différents.

Le nombre d’espèces bouge aussi, à mesure que les généticiens redécoupent des groupes entiers. On avance aujourd’hui plus de 6 500 espèces de mammifères actuels, un ordre de grandeur et non un compteur figé. Les ordres éteints, comme les Desmostylia, ne figurent pas dans cette liste.

Les critères utilisés pour ranger un mammifère dans un ordre

La dentition et le régime alimentaire

Les dents sont la carte d’identité d’un mammifère. Elles se fossilisent bien, ce qui permet de les comparer entre espèces vivantes et disparues. Les carnivores possèdent des carnassières, des molaires tranchantes qui cisaillent la viande. Les rongeurs ont une seule paire d’incisives en haut et en bas, qui poussent toute la vie. Les lagomorphes (lièvres, lapins) ont une seconde petite paire d’incisives cachée derrière la première, ce qui les sépare nettement des rongeurs.

Le régime alimentaire suit la dentition de près. Un herbivore broie avec de larges molaires plates, un insectivore croque avec de petites dents pointues, et le pangolin (ordre Pholidota) n’a aucune dent : il avale ses fourmis après les avoir écrasées dans son estomac musculeux.

La forme des membres et le mode de déplacement

Les primates ont des mains à pouce souvent opposable, taillées pour saisir. Les Artiodactyla portent leur poids sur un nombre pair de doigts (deux chez la vache, le cerf ou le mouton). Les Perissodactyla s’appuient sur un nombre impair : un seul doigt chez le cheval, trois chez le rhinocéros. Chez les chauves-souris, les doigts s’allongent pour soutenir une membrane de vol, d’où le nom de l’ordre, Chiroptera, « main-aile ».

Le squelette et les adaptations au milieu

Les cétacés ont perdu leurs membres postérieurs externes, mais gardent de minuscules os de bassin, vestiges d’ancêtres terrestres. Les éléphants (Proboscidea) ont des os des membres épais, en colonnes, pour soutenir plusieurs tonnes. Ces adaptations aident à classer un animal, mais elles peuvent tromper : une forme de poisson chez un dauphin ne dit rien de sa parenté réelle, seule l’anatomie interne et la génétique tranchent.

Pour identifier l’ordre d’un animal inconnu, une grille en trois questions suffit :

  • Quelles dents voit-on : incisives qui poussent en continu, carnassières, molaires plates, ou aucune ?
  • Comment sont les extrémités : mains saisissantes, sabots à doigts pairs ou impairs, ailes, nageoires ?
  • Que mange l’animal : viande, végétaux, insectes, plancton ?

Tableau des principaux ordres de mammifères à imprimer

Les effectifs ci-dessous sont des ordres de grandeur arrondis, issus des décomptes récents. Les cétacés sont isolés dans une ligne distincte pour plus de lisibilité, même si beaucoup de classifications les rattachent aux Artiodactyla.

Ordre Nom courant Espèces (environ) Exemples Critère repère
Rodentia Rongeurs 2 500 Souris, écureuil, castor, capybara Incisives à croissance continue
Chiroptera Chauves-souris 1 450 Pipistrelle, roussette Main transformée en aile
Primates Primates 520 Lémur, macaque, gorille, humain Mains préhensiles, vision frontale
Eulipotyphla Insectivores 520 Hérisson, taupe, musaraigne Museau pointu, dents aiguës
Artiodactyla Ongulés à doigts pairs 350 (hors cétacés) Vache, cerf, girafe, hippopotame Deux ou quatre doigts portants
Carnivora Carnivores 290 Chat, loup, ours, phoque, loutre Carnassières
Diprotodontia Marsupiaux à deux incisives 140 Kangourou, koala, wombat Marsupium, deux grandes incisives inférieures
Didelphimorphia Opossums 110 Opossum de Virginie Marsupiaux américains
Lagomorpha Lagomorphes 95 Lièvre, lapin, pika Quatre incisives supérieures
Cetacea Cétacés 90 Baleine bleue, dauphin, cachalot Nageoires, évent
Cingulata Tatous 20 Tatou à neuf bandes Carapace osseuse
Perissodactyla Ongulés à doigts impairs 17 Cheval, zèbre, rhinocéros, tapir Un ou trois doigts portants
Pholidota Pangolins 8 Pangolin géant Écailles de kératine, aucune dent
Proboscidea Proboscidiens 3 Éléphant d’Asie, de savane, de forêt Trompe et défenses
Monotremata Monotrèmes 5 Ornithorynque, échidné Pondent des œufs
Tubulidentata Oryctéropes 1 Oryctérope du Cap Dents tubulaires, sans émail

Zoom sur les ordres de mammifères les plus courants

Carnivora : les carnivores (chats, chiens, ours)

Environ 290 espèces, de la belette de quelques dizaines de grammes à l’éléphant de mer, qui dépasse les deux tonnes. Chats, chiens, ours, hyènes, loutres, mais aussi phoques et otaries appartiennent à cet ordre. Le panda géant mange presque exclusivement du bambou, et reste pourtant un carnivore au sens taxonomique, par sa parenté avec les ours.

Primates : lémuriens, singes et grands singes

Les primates comptent environ 520 espèces, des minuscules microcèbes de Madagascar aux gorilles. Les ongles plats à la place des griffes (chez la plupart des espèces), les yeux tournés vers l’avant et un cerveau volumineux rapporté à la taille du corps forment le socle commun du groupe.

Rodentia : les rongeurs, l’ordre le plus nombreux

Près de 2 500 espèces, soit près de 40 % de tous les mammifères : souris, rats, écureuils, marmottes, castors, porcs-épics, cobayes. Le capybara, d’Amérique du Sud, pèse jusqu’à 60 kg et reste un rongeur. Le lapin, lui, n’en est pas un : il appartient aux Lagomorpha.

Chiroptera : les chauves-souris, seuls mammifères volants

Avec environ 1 450 espèces, les chauves-souris forment le deuxième ordre en nombre. Ce sont les seuls mammifères capables d’un vol actif, contrairement à l’écureuil volant, qui plane. La France métropolitaine en abrite une trentaine d’espèces, toutes protégées.

Cetacea : baleines, dauphins et cachalots

Les baleines forment-elles un ordre à part ? Cela dépend de la classification. Les ouvrages classiques gardent l’ordre Cetacea. Les analyses génétiques récentes montrent pourtant que les cétacés descendent d’ancêtres artiodactyles, et que leur plus proche parent vivant est l’hippopotame. D’où le nom Cetartiodactyla, qui fusionne les deux groupes. Le cachalot est un cétacé à dents, la baleine bleue un cétacé à fanons.

Artiodactyla et Perissodactyla : ongulés à doigts pairs et impairs

La vache, le cochon, la girafe, le chameau et l’hippopotame sont des Artiodactyla. Le cheval, l’âne, le zèbre, le tapir et le rhinocéros forment les Perissodactyla, un ordre bien plus modeste avec environ 17 espèces.

Proboscidea, Lagomorpha et autres ordres à connaître

Trois espèces seulement chez les Proboscidea : l’éléphant d’Asie, l’éléphant de savane et l’éléphant de forêt d’Afrique. Les Lagomorpha ont longtemps été classés parmi les rongeurs avant d’obtenir leur ordre propre, justifié par leur double paire d’incisives. Les huit espèces de pangolins (Pholidota) sont les seuls mammifères dont le corps est couvert d’écailles. L’oryctérope occupe seul son ordre, Tubulidentata.

Ordre, grand groupe, classe : ne pas confondre les niveaux de classification

Une confusion fréquente tient à un mélange d’échelles. Les « 3 grands groupes » de mammifères, monotrèmes, marsupiaux et placentaires, correspondent à des sous-classes ou à des divisions de haut niveau, situées au-dessus des ordres. Les ordres se logent à l’intérieur de ces grands groupes.

À retenir : les placentaires ne sont pas un ordre, mais un grand groupe qui contient la grande majorité des ordres (Carnivora, Primates, Rodentia, Cetacea…). Les marsupiaux répartissent leurs espèces dans plusieurs ordres, comme les Diprotodontia (kangourous, koalas) ou les Didelphimorphia (opossums). Les monotrèmes forment un seul ordre, les Monotremata, avec cinq espèces.

Pour situer ces niveaux dans un ensemble plus vaste, l’article Comment classer un animal : vertébrés, mammifères et grands groupes détaille la logique complète, et la page Qu’est-ce qu’un mammifère explique comment on reconnaît la classe elle-même. L’ordre, lui, regroupe plusieurs familles : l’ordre Carnivora contient par exemple les Felidae (chats), les Canidae (chiens) et les Ursidae (ours).

Erreurs fréquentes sur les ordres de mammifères

Première erreur : ranger le lapin parmi les rongeurs. Il relève des Lagomorpha, tout comme le lièvre. Deuxième piège : croire que les cétacés sont des poissons, alors qu’ils respirent de l’air, allaitent leurs petits et partagent un ancêtre terrestre avec les hippopotames. Troisième confusion : penser que « carnivore » désigne seulement un régime alimentaire, alors que le mot nomme aussi un ordre.

Autres pièges : prendre les marsupiaux pour un ordre unique, ou croire que la chauve-souris est un rongeur ailé, alors qu’elle forme un ordre à part entière. Les hérissons et taupes, enfin, ne sont pas des rongeurs mais des Eulipotyphla.

Questions fréquentes sur les ordres de mammifères

Combien y a-t-il d’ordres de mammifères dans le monde ? Entre 27 et 29 selon la classification, 27 dans les bases les plus récentes et 29 dans Mammal Species of the World.

Quel ordre compte le plus d’espèces ? Les Rodentia, avec environ 2 500 espèces.

L’être humain appartient à quel ordre ? Aux Primates, dans la famille des Hominidae.

Quels sont les critères de classement ? Principalement la dentition, le régime alimentaire et la morphologie des membres, complétés aujourd’hui par la génétique.

Quelle différence avec les 3 grands groupes ? Monotrèmes, marsupiaux et placentaires sont des divisions de rang supérieur, qui contiennent un ou plusieurs ordres (un seul pour les monotrèmes).

Imprimez le tableau, puis testez-le sur trois animaux de votre entourage : le chien du voisin, le hérisson du jardin, la chauve-souris repérée au crépuscule. Pour aller plus loin, la page les animaux et leur femelle et leur petit et leur cri relie chaque espèce à sa classification.