Les vertébrés se répartissent en cinq classes : les mammifères, les oiseaux, les reptiles, les amphibiens et les poissons. Pour savoir où ranger un animal, on croise quatre critères : le revêtement du corps, la température corporelle, le mode de reproduction et le mode de respiration. Ce guide donne la méthode, les exemples et un tableau à imprimer.

Les 5 classes de vertébrés en un coup d’œil

Le tableau ci-dessous croise les cinq classes avec les quatre critères. Il tient sur une feuille A4.

Le tableau de synthèse : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons

Classe Revêtement Température Reproduction Respiration Exemples
Mammifères Poils Sang chaud Surtout vivipares, petits allaités Poumons Chien, dauphin, chauve-souris
Oiseaux Plumes Sang chaud Ovipares, œuf à coquille dure Poumons Moineau, manchot, autruche
Reptiles Écailles Sang froid Surtout ovipares, œuf à coquille souple Poumons Lézard, tortue, crocodile
Amphibiens Peau nue et humide Sang froid Ovipares, œufs gélatineux pondus dans l’eau Branchies (larve), poumons et peau (adulte) Grenouille, triton, salamandre
Poissons Écailles ou peau nue Sang froid Surtout ovipares, quelques ovovivipares ou vivipares Branchies Truite, requin, hippocampe

Qu’est-ce qu’un vertébré ? Le critère commun aux 5 classes

La colonne vertébrale et le squelette interne

Un vertébré possède une colonne vertébrale, une chaîne de vertèbres qui protège la moelle épinière et soutient un squelette interne. Chez l’humain, ce sont 33 vertèbres. Chez le serpent, certaines espèces en comptent plus de 300. La girafe, elle, en a sept au cou, comme la souris.

Le squelette n’est pas forcément osseux. Les requins et les raies ont un squelette en cartilage, et ce sont bien des vertébrés. Le critère tient à la présence de la colonne, pas à la dureté de la matière.

Vertébrés contre invertébrés : la limite exacte

Les invertébrés n’ont pas de colonne vertébrale. Insectes, araignées, crabes, escargots, méduses, pieuvres : tous en sont dépourvus, qu’ils aient une carapace externe ou aucun squelette. Ils représentent largement plus de 90 % des espèces animales décrites. Les vertébrés forment donc une minorité, même s’ils occupent presque toute la place dans nos manuels scolaires.

Les critères scientifiques qui distinguent les 5 classes

Température corporelle : animaux à sang chaud ou à sang froid

Seuls les mammifères et les oiseaux sont à sang chaud (endothermes) : ils produisent leur propre chaleur et gardent une température interne quasi constante, autour de 37 °C chez l’humain et souvent davantage chez les oiseaux. Reptiles, amphibiens et poissons sont à sang froid (ectothermes). L’expression est trompeuse, puisque leur sang n’est pas froid : leur température suit simplement celle du milieu.

Les poissons ont-ils vraiment le sang froid ? Dans l’ensemble, oui. Quelques grands nageurs comme le thon rouge ou le requin blanc conservent une partie de leur chaleur musculaire, mais cela reste une exception.

Mode de reproduction : ovipares, vivipares, ovovivipares

Les ovipares pondent des œufs qui se développent à l’extérieur. Les vivipares portent leurs petits dans le corps de la mère jusqu’à la naissance. Les ovovivipares gardent les œufs à l’intérieur, mais l’embryon se nourrit de ses réserves d’œuf et non du corps maternel. La vipère aspic et certains requins fonctionnent ainsi.

Respiration : poumons, branchies, peau

Les poumons équipent les mammifères, les oiseaux et les reptiles. Les branchies prélèvent l’oxygène dissous dans l’eau et sont la marque des poissons. Les amphibiens combinent les deux : branchies chez la larve, poumons chez l’adulte, avec en plus une respiration par la peau, d’où son humidité permanente. Certaines salamandres n’ont même plus de poumons et respirent uniquement par la peau.

Revêtement du corps : poils, plumes, écailles, peau nue

Le revêtement est le critère le plus visible : poils pour les mammifères, plumes pour les oiseaux, écailles pour les reptiles, peau nue pour les amphibiens. Chez les poissons, c’est variable, des écailles pour la carpe, une peau lisse pour l’anguille. Ce critère seul ne suffit jamais. Les écailles des reptiles et celles des poissons n’ont ni la même structure ni la même origine.

Les mammifères : critères et exemples

Poils, sang chaud, mamelles : un mammifère allaite ses petits. La plupart sont vivipares, mais l’ornithorynque et les échidnés, regroupés sous le nom de monotrèmes, pondent des œufs tout en allaitant. Ce sont les seuls mammifères ovipares. On compte environ 6 500 espèces, du chat au dauphin, de l’éléphant à la chauve-souris. Pour affiner, Qu’est-ce qu’un mammifère détaille les critères, et Les 3 grands groupes de mammifères distingue monotrèmes, marsupiaux et placentaires.

Les oiseaux : critères et exemples

Les plumes sont le critère décisif : aucun autre animal actuel n’en possède. Le bec sans dents, les ailes (même chez ceux qui ne volent pas) et l’œuf à coquille dure complètent le portrait. Autruche, manchot, colibri, tous répondent à ces critères. Avec environ 11 000 espèces, les oiseaux sont la classe de vertébrés terrestres la plus diversifiée après les reptiles. Ils sont aussi, génétiquement, des descendants de dinosaures.

Les reptiles : critères et exemples

Écailles sèches, sang froid, poumons dès la naissance : le reptile ne passe jamais par un stade larvaire aquatique. Serpents, lézards, tortues, crocodiles et alligators en font partie. La plupart pondent des œufs à coquille souple, parcheminée, mais l’orvet et la vipère aspic gardent leurs œufs dans leur corps. La classe compte environ 12 000 espèces.

Les amphibiens : critères et exemples

Grenouilles, crapauds, tritons, salamandres : les amphibiens (environ 8 700 espèces) mènent une double vie, d’où leur nom. Les œufs, gélatineux et sans coquille, sont pondus dans l’eau. Le têtard respire par des branchies, puis la métamorphose fait apparaître des poumons et des pattes. Leur peau fine et perméable les rend très sensibles à la pollution, ce qui en fait des sentinelles de la qualité des milieux humides.

Les poissons : critères et exemples

Vivre dans l’eau, respirer par des branchies, se déplacer avec des nageoires : voilà le trio de base. Avec environ 36 000 espèces, les poissons pèsent autant que les quatre autres classes réunies. On distingue les poissons osseux (truite, thon) des poissons cartilagineux (requin, raie). La plupart pondent, mais le requin-citron met au monde des petits vivants, et chez l’hippocampe, c’est le mâle qui porte les œufs dans une poche ventrale.

Les pièges classiques : ces animaux qu’on classe mal

Pourquoi la baleine n’est pas un poisson

Elle vit dans l’eau et nage, mais elle respire de l’air avec des poumons, d’où ses remontées en surface. Elle est à sang chaud, met bas un baleineau vivant et l’allaite. Quatre critères sur quatre la placent chez les mammifères. Les poils existent, très discrets, à la naissance.

Pourquoi la chauve-souris n’est pas un oiseau

Ses ailes sont une membrane de peau tendue sur des doigts très allongés, pas des plumes. Son corps est couvert de poils, la femelle donne naissance à un petit et l’allaite. Voler ne définit aucune classe : insectes, oiseaux et chauves-souris l’ont inventé chacun de leur côté.

Le cas des animaux à sang froid qui vivent sur terre et dans l’eau

Le crocodile passe sa vie dans l’eau mais pond des œufs à coquille et respire avec des poumons : c’est un reptile, pas un amphibien. À l’inverse, la grenouille adulte vit surtout sur terre, mais reste amphibienne à cause de sa métamorphose. Le milieu de vie trompe, la peau et la naissance tranchent.

Tableau à imprimer : la fiche de classification des 5 classes de vertébrés (PDF)

Le tableau de synthèse plus haut peut s’imprimer tel quel depuis votre navigateur (commande « Imprimer », en choisissant l’enregistrement en PDF si vous préférez un fichier). Il convient du CE1 à la 6e. Pour les plus jeunes, cachez les colonnes « Reproduction » et « Respiration » et gardez revêtement et température. Pour les plus grands, ajoutez une colonne d’exemples locaux.

Pour classer un animal inconnu, quatre questions suffisent, dans cet ordre :

  • Son corps est-il couvert de poils ou de plumes ? Poils : mammifère. Plumes : oiseau.
  • Sinon, a-t-il des écailles sèches et des poumons ? Oui : reptile.
  • A-t-il une peau nue et humide, avec une larve aquatique ? Oui : amphibien.
  • Respire-t-il uniquement par des branchies, avec des nageoires ? Oui : poisson.

Pour aller plus loin sur chaque classe

La page parente sur les 5 classes de vertébrés replace ces groupes dans la méthode générale de classement. Pour retrouver le nom de la femelle, du petit et le cri de chaque espèce, la liste les animaux et leur femelle et leur petit et leur cri sert de dictionnaire de poche.

Une réserve s’impose : les cinq classes sont une simplification pédagogique. La classification moderne, dite cladistique, ne retient que des groupes comprenant tous les descendants d’un même ancêtre. Les « reptiles » au sens scolaire n’en forment pas un, puisque les crocodiles sont plus proches des oiseaux que des lézards. Les « poissons » non plus. Les programmes de cycle 3 conservent pourtant les cinq classes, car elles restent le meilleur outil pour apprendre à observer.

Questions fréquentes sur les 5 classes de vertébrés

Quelles sont les 5 classes de vertébrés ?

Les mammifères, les oiseaux, les reptiles, les amphibiens et les poissons.

Quelle est la différence entre un vertébré et un invertébré ?

Le vertébré possède une colonne vertébrale et un squelette interne, l’invertébré n’en a pas. Insectes, mollusques et crustacés sont des invertébrés.

Quel est le seul mammifère qui pond des œufs ?

Il n’y en a pas un seul : l’ornithorynque et les échidnés (les monotrèmes) pondent tous des œufs. Ils vivent en Australie et en Nouvelle-Guinée.

Combien y a-t-il de classes d’animaux au total ?

Il n’existe pas de chiffre unique. Les cinq classes ne concernent que les vertébrés. Les invertébrés, bien plus nombreux, se répartissent en de nombreuses classes (insectes, arachnides, crustacés, gastéropodes, etc.), selon le système de classification retenu.