Un rat adulte mesure de 15 à 25 cm hors queue, une souris de 6 à 10 cm. L’écart saute aux yeux quand les deux animaux sont côte à côte, beaucoup moins quand un seul détale devant le frigo. Le rat a une tête massive, un museau court et arrondi, de petites oreilles, une queue épaisse et écailleuse. La souris a un museau pointu, de grandes oreilles rondes, de longues moustaches et une queue fine, à peu près aussi longue que son corps. Reste un piège : un jeune rat a la taille d’une souris adulte, et c’est l’une des causes d’erreur d’identification.

Rat ou souris : la réponse en un coup d’œil

La confusion est courante parce que les deux animaux appartiennent à la même famille, celle des muridés, et partagent le même habit gris ou brun, la même silhouette de rongeur, les mêmes habitudes nocturnes. Mais leurs proportions ne se ressemblent pas. Une souris pèse entre 12 et 30 g, soit le poids d’une pile LR6. Un rat surmulot adulte tourne autour de 250 à 500 g, l’équivalent d’une à deux plaquettes de beurre.

Le tableau ci-dessous donne des valeurs moyennes. Elles varient selon les individus, mais elles suffisent à trancher dans la plupart des cas. Aucun critère isolé ne suffit : il faut croiser deux ou trois indices.

Critère Rat surmulot Rat noir Souris domestique
Corps (hors queue) 20 à 25 cm 15 à 22 cm 6 à 10 cm
Queue Plus courte que le corps, épaisse, écailleuse Plus longue que le corps, écailleuse Fine, aussi longue ou plus longue que le corps
Poids adulte 250 à 500 g 150 à 250 g 12 à 30 g
Museau Court, arrondi Plus effilé Pointu, avec de longues moustaches
Oreilles Petites, plaquées Grandes, fines Grandes, rondes, proéminentes
Crottes 15 à 20 mm, en forme de capsule 10 à 15 mm, en fuseau 3 à 6 mm, en grain de riz
Portée 6 à 12 petits 5 à 8 petits 5 à 8 petits

Morphologie : des critères fiables, même sur un jeune

Commencez par la tête, c’est un critère très fiable, quel que soit l’âge. Le rat a un crâne large et un museau court, presque émoussé, qui donne au visage un profil robuste. La souris a une face triangulaire, étirée vers un museau fin, encadrée de vibrisses longues et mobiles. Si vous pensez voir un petit rat, regardez le nez : s’il s’affine en pointe, c’est une souris.

Les oreilles viennent ensuite, et la logique s’inverse. Celles de la souris paraissent démesurées, rondes, presque translucides, dressées comme deux petites soucoupes. Celles du surmulot restent discrètes, plaquées, couvertes de poils courts. Le rat noir fait exception : ses oreilles sont plus grandes et plus fines que celles de son cousin brun, ce qui le rapproche de la souris sur ce critère. D’où l’intérêt de recouper avec la taille et la queue.

La queue ne ment presque jamais. Celle du rat est épaisse à la base, couverte d’écailles annelées bien visibles, presque nue. Celle de la souris est fine comme un fil, avec quelques poils épars. Chez le surmulot elle reste plus courte que la tête et le corps réunis, chez le rat noir elle les dépasse. Chez la souris, elle atteint à peu près la longueur du corps, voire plus.

Le jeune rat, faux ami de la souris adulte

Un raton sevré, vers trois à quatre semaines, mesure à peine plus qu’une grosse souris. Beaucoup de gens concluent à une souris, puis découvrent des dégâts qui n’en sont pas. Les proportions trahissent pourtant l’animal. La tête du jeune rat paraît trop grosse pour son corps, ses pattes arrière sont démesurées, ses oreilles petites et rondes restent écartées de la silhouette, et sa queue reste épaisse, sans la finesse de fil de la souris.

Autre indice, le comportement. Un jeune rat vu en plein jour, seul, souvent près d’un point d’eau ou d’un terrier, signale une colonie à proximité. Une souris adulte, elle, se montre rarement hors de son couloir de passage. Comme pour Lièvre ou lapin, où l’âge et la silhouette brouillent aussi les pistes, c’est l’ensemble des proportions qui compte, pas une mesure unique.

Crottes, bruits, traces : identifier sans voir l’animal

Dans la majorité des cas, on ne croise jamais l’animal. On trouve des indices. Les crottes sont les plus parlantes. Celles de la souris mesurent 3 à 6 mm, fines, pointues aux deux bouts, et on en trouve des dizaines éparpillées. Celles du rat atteignent 1 à 2 cm, plus épaisses, regroupées en petits tas. Une crotte de surmulot ressemble à une grosse capsule aux extrémités arrondies, celle du rat noir est plus fuselée et légèrement incurvée. Frais, l’excrément est sombre et luisant, vieux, il devient gris et friable. Posez une pièce de monnaie à côté avant de photographier : l’échelle règle la question.

Le grignotage donne une deuxième piste. La souris attaque emballages, cartons, câbles fins, avec de petites entailles régulières et des copeaux minuscules. Elle passe par des ouvertures de 6 mm environ, un trou d’environ le diamètre d’un crayon. Le rat laisse des brèches nettes, parfois de 5 à 6 cm de diamètre, dans le bois, le plâtre, les gaines. Il peut sectionner un tuyau de plomb ou de plastique. Si une plinthe est rongée sur plusieurs centimètres, la souris n’est pas la coupable probable.

Les traces de graisse et les couloirs de passage fournissent un troisième indice. Les deux animaux longent les murs, car leurs vibrisses les guident. Leur pelage dépose sur les surfaces un film gras et sale, noirâtre. Chez la souris, ce sont de petites marques discrètes le long des plinthes. Chez le rat, des bandes plus larges et plus sombres, parfois visibles sur les angles de murs.

Le bruit joue aussi. Une souris produit des trottinements légers et des grattements fins dans les cloisons, avec parfois des couinements aigus. Un rat fait un bruit plus lourd, des galops dans le plafond, des grattages puissants, des raclements dans les canalisations, souvent plus tôt dans la nuit.

Le comportement départage encore. Le rat est néophobe, il se méfie de tout objet apparu dans son territoire et met parfois plusieurs jours à s’en approcher. La souris est curieuse, elle explore presque tout. C’est aussi pourquoi les pièges posés pour l’une échouent souvent avec l’autre. Côté reproduction, la souris gagne la course : gestation de 19 à 21 jours, maturité sexuelle vers six semaines, jusqu’à dix portées par an. Le rat, lui, gestait 21 à 23 jours, devient mature vers trois mois et fait en général quatre à sept portées, mais plus fournies.

Espèces, habitats et idées reçues

En France, deux rats se partagent le terrain. Le surmulot, ou rat brun, domine largement : il creuse des terriers, occupe les égouts, les caves, les berges, les abords de poubelles. Le rat noir, grimpeur, plus discret, subsiste surtout dans les zones portuaires, les greniers, quelques régions du sud. La souris domestique est très fréquente à l’intérieur des habitations. Elle s’installe dans les cuisines, les placards, les doublages isolants, parce qu’elle trouve nourriture et chaleur sans sortir.

Le mulot, lui, pose problème. Le mulot sylvestre appartient au genre Apodemus, la souris domestique au genre Mus et le rat au genre Rattus. Ce n’est donc ni un rat ni une souris, même si tous relèvent des muridés. On le reconnaît à son ventre blanc bien tranché, ses grands yeux noirs, ses pattes arrière longues et ses bonds. Il vit dans les champs, les jardins, les bois, et entre surtout dans les maisons en automne, quand le froid arrive.

Une erreur courante consiste à croire qu’un petit rongeur est forcément un jeune rat. Dans la majorité des cas, ce sera une souris adulte : un vrai raton, c’est rare et c’est un signal d’alerte. Autre idée reçue : les rats ne seraient que dans les égouts. Un surmulot peut s’installer sous un abri de jardin ou dans un vide sanitaire. Dernier mythe, l’idée qu’une souris ne grimpe pas : elle escalade sans mal les surfaces rugueuses et saute à plus de 20 cm.

Questions fréquentes

Comment savoir si j’ai des rats ou des souris sans les voir ? Mesurez les crottes, regardez la taille des trous rongés, écoutez les bruits. Des grains de 3 à 6 mm et des grattements fins indiquent la souris. Des capsules de 1 à 2 cm et des galops lourds indiquent le rat.

Le mulot est-il un rat ou une souris ? Ni l’un ni l’autre : c’est un muridé du genre Apodemus, plus proche des souris par la taille mais distinct par le ventre blanc et les yeux saillants.

Pour d’autres paires qui trompent l’œil, on peut parcourir la sélection Lièvre, phoque, fouine, guépard : les mammifères qu’on confond ou le guide complet des animaux qu’on confond.

Avant de déployer pièges ou raticides, photographiez une crotte à côté d’une pièce, notez l’endroit et l’heure des bruits, puis mesurez le plus petit trou rongé. Ces trois données permettent d’adapter le dispositif, et c’est souvent ce que demande un professionnel de la dératisation avant d’intervenir. Un détail à garder en tête : une souris traverse un orifice de 6 mm, un rat de 2 cm. Boucher le passage avec de la laine d’acier et du ciment limite les retours, en complément des pièges, mieux qu’un appât seul.