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Transport d’animaux d’élevage : voici ce qu’ils endurent pour atterrir dans nos assiettes…

Crédits : mijastrzebski / iStock

Le transport d’animaux vivants n’est pas une chose nouvelle. Vous avez d’ailleurs probablement déjà dû en croiser sur la route au cours de vos trajets en voiture. Ces transports peuvent être parfois très longs, et venir de très loin. Mais dans quelles conditions ? La CIWF (Compassion in World Farming) et L214 dénoncent les mauvaises conditions de transport des animaux d’élevage.

Les conditions sanitaires exigées par le ministère de l’Agriculture

Le site du ministère de l’Agriculture et de l’alimentation, a mis en place des mesures pour le transport d’animaux vivants. Il n’y a pas de nombre limité, mais un agencement et des horaires à respecter selon les espèces. Différentes conditions sanitaires sont exigées :

  • Les locaux doivent être propres, mais aussi la construction doit être suffisamment haute de plafond afin que les animaux ne soient pas obligés de se recroqueviller. Ainsi, les animaux doivent être libres de leurs mouvements afin de ne pas être blessés et de ne pas être oppressés. L’oppression pouvant rajouter une dose supplémentaire au stress déjà occasionné.
  • Les équipements automatiques dans les transports doivent être fonctionnels, donc doivent être contrôlés régulièrement. L’accès à l’eau doit être simple, sain et adapté en fonctions des animaux, l’alimentation également.
  • L’éleveur doit être rigoureux et vigilant quant au bien-être de ses animaux. Le transport doit être effectué par une personne professionnelle et compétente. 
  • En plein air, lors des déchargements, les animaux doivent être protégés des différents risques liés aux prédateurs ou aux intempéries. De plus, les interventions sur les animaux doivent être limitées afin de ne pas les troubler.
  • Les trajets doivent prendre en compte les besoins des animaux, eau et nourriture, mais aussi leur bonne condition physique. Pour cela, le conducteur doit tenir un carnet de route à jour avec toutes les informations nécessaires.
Transport animaux
Crédits : redzaal / iStock

Les trajets et les pauses dépendent de l’animal transporté

D’après le guide de transport de la Protection mondiale des animaux de ferme, tous les animaux n’ont pas accès à l’eau continuellement. Les transports peuvent aller jusqu’à 12 h sans pause pour les volailles et lapins. Après ces 12 h, ils reçoivent de l’eau et de la nourriture avant de repartir plus tard.

Pour les poussins de moins de 3 jours, le transport sans eau ni nourriture peut aller jusqu’à 24 h non-stop. Les porcins, eux, ont un “accès” à l’eau en continu. Par ailleurs, ils font des trajets de 24 h avant de faire une pause et d’être nourris, déchargés…

Des transports plus longs les uns que les autres. Les animaux sont entassés à une température variant de 5 à 30 degrés, si ce n’est plus. Et cela pendant plusieurs jours.

D’après le CIWF, en 2015, la France a exporté près de 2 millions de mammifères et 77 millions de volailles dans l’Union Européenne (UE) ainsi que plus de 150 000 bovins et ovins et 32 millions de volailles hors UE. Les animaux sont transportés plusieurs fois dans leur vie, parfois même dans différents endroits du monde, ce qui engendre de longs et pénibles voyages.

Transport animaux
Crédits : somrerk kosolwitthayanant / iStock

Gare aux fraudes

Avec le Covid-19, des assouplissements ont été faits pour “faciliter” les différents transports. D’après la CIWF, les contrôles vétérinaires et administratifs seraient assouplis, ainsi que les procédures de contrôle pour faciliter la circulation des animaux. Des annonces et décisions au détriment du bien-être animal… En effet, qui dit assouplissement dit aussi fraude envers les règles initiales. L’absence de contrôles peut inciter en faveur du commerce, mais en défaveur des animaux. 

Les règles du ministère de l’Agriculture sont minimales et peuvent même paraître trop légères pour certains. L214 évoque de nombreuses fraudes en temps normal comme « le non-respect des temps de pauses, les camions inadaptés, les animaux blessés qui ne devraient pas être transportés, les défauts de soins ». Cette courte liste est déjà trop importante pour fermer les yeux sur les conditions de vie des animaux d’élevage, mais aussi sur leurs conditions de transports. Ils n’ont pas de repos, pas de confort, sont nombreux à avoir des blessures… Des faits qui font froid dans le dos lorsque l’on est soucieux du bien-être des animaux.

Ces conditions de vie et de transport laissent des traces aux animaux, mais révoltent également les défenseurs de la cause animale. Bien qu’en 2018, L214 et sept autres associations avaient demandé que toute la transparence soit faite au niveau européen sur le respect des textes applicables aux conditions de transport des animaux. On peut se poser la question quant au respect de ces règles en cette période triste pour les Hommes, mais aussi pour les animaux.

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