NAC : nouveaux animaux de compagnie, lesquels adopter ?

Vous cherchez un compagnon hors du commun ? L’univers des nouveaux animaux de compagnie, communément appelés NAC, s’est considérablement développé ces dernières années en France. Reptiles fascinants, rongeurs attachants ou invertébrés surprenants : les options sont nombreuses pour qui souhaite sortir des sentiers battus. Mais attention, adopter un NAC ne s’improvise pas ! Entre obligations légales, besoins spécifiques et soins particuliers, ce guide complet vous accompagne dans votre réflexion pour faire le meilleur choix selon votre mode de vie.

Qu’est-ce qu’un NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie) ?

Définition et cadre légal des NAC

L’expression « nouveaux animaux de compagnie » a été créée en 1984 par un vétérinaire, Michel Bellangeon, lors d’une conférence donnée à l’École nationale vétérinaire de Lyon. Devant l’intérêt croissant pour ces animaux, il fonde en 1988 le GENAC (Groupe d’étude des nouveaux animaux de compagnie).

Les NAC sont des espèces animales, autres que les chiens et les chats, détenues par une personne pour son agrément. Il s’agit des rongeurs, oiseaux, reptiles, batraciens, poissons, etc. Ce concept, qui représente aujourd’hui 10 % des animaux adoptés en France, englobe une grande diversité d’espèces.

En 2025, les règles relatives à leur vente sont stipulées dans l’arrêté du 19 juin 2025 fixant les règles sanitaires et de protection animale auxquelles doivent satisfaire les activités liées aux animaux de compagnie d’espèces domestiques. Pour la première fois, les lapins, rongeurs, oiseaux et poissons d’espèces domestiques bénéficient de normes de protection, de détention et d’hébergement beaucoup plus précises.

Différences entre NAC et animaux de compagnie traditionnels

Contrairement aux animaux de compagnie classiques comme les chiens et chats, parmi les NAC figurent des animaux domestiques et des animaux non domestiques. Pour ces derniers, leur détention n’est pas toujours libre en fonction des espèces et peut être soumise à un régime d’autorisation de détention.

Pour les NAC d’espèces domestiques, la détention des espèces listées dans l’arrêté du 11 août 2006 est libre. En revanche, pour les NAC d’espèces non domestiques, les conditions relatives à leur détention, à l’élevage et au commerce sont régies par le code de l’environnement. En fonction des espèces, leur détention n’est pas toujours libre et peut être soumise à un régime d’autorisation de détention.

NAC reptiles : les espèces les plus populaires

Les reptiles font partie de ce que l’on appelle désormais les NAC et ils se situent en bonne position dans le classement des compagnons préférés des Français. Si vous êtes attiré par ces animaux fascinants, voici les espèces les plus courantes.

Serpents domestiques : pythons et boas

Le python royal (Python regius) est l’un des serpents les plus populaires en terrariophilie par son tempérament relativement calme et son gabarit modeste. De très nombreuses variétés de couleurs existent, on parle de morphs.

C’est une espèce cryptique qui a besoin de beaucoup de cachettes dans son terrarium. De ce fait, même si c’est un serpent qui se déplace peu, il faut un terrarium suffisamment grand pour fournir au minimum 3 ou 4 abris. Le python royal constitue un excellent choix pour les débutants souhaitant se lancer dans l’élevage de serpents.

Lézards de compagnie : gecko, iguane et dragon barbu

Les geckos sont des reptiles fascinants et parmi les plus populaires dans le monde des NAC. Reconnus pour leur comportement calme, leur esthétique variée et leur facilité d’entretien, ils s’adaptent aussi bien aux terrariophiles débutants qu’aux éleveurs chevronnés.

Les agames barbus (Pogona vitticeps) sont des lézards très populaires car facile à élever et très familiers. On retrouve aussi d’autres espèces telles que le Pogona de Lawson un peu plus petit.

Pour le dragon barbu, le terrarium doit être relativement large mais n’a pas besoin d’être très haut. Il doit disposer d’une source de chaleur fournie par une lampe chauffante et un tapis réglé à 25-30°C au point chaud ainsi que d’une source de rayons UV (lampe UVB).

Les geckos léopards (Eublepharis maculatus) sont des lézards robustes assez faciles à élever. Il leur faut un terrarium plutôt large avec un substrat argileux. Ces caractéristiques en font des reptiles parfaitement adaptés aux débutants.

Tortues terrestres et aquatiques

Il existe près de 300 espèces de tortues, qui ont chacune un milieu de vie, des besoins et des régimes alimentaires très différents. Les tortues sont parmi les animaux de compagnie originaux les plus recherchés.

Vous devez fournir à votre tortue un terrarium aménagé selon son espèce, mais aussi un enclos séparé. Certaines tortues sont terrestres alors que d’autres sont aquatiques, et leur environnement de captivité doit être adapté.

NAC rongeurs et petits mammifères exotiques

Chinchilla : care et spécificités

Ce petit rongeur, d’une trentaine de centimètres à l’âge adulte, est celui qui vit le plus longtemps. En effet, son espérance de vie peut atteindre une vingtaine d’années. Celle-ci est en moyenne de 10-15 ans mais peut aller jusqu’à 20 ans. C’est, bien sûr, un critère à prendre en compte lorsque vous décidez d’adopter un chinchilla.

Le chinchilla supporte très difficilement la chaleur, d’autant qu’on ne peut pas le mouiller pour le rafraîchir : il se sent bien entre 15 et 20 degrés. Au-delà de 25°, il est visiblement mal à l’aise et risque déjà le coup de chaleur.

Octodon et gerbille de Mongolie

L’octodon a une espérance de vie de 2 ans dans la nature, de 5 à 7 ans en captivité, bien qu’il soit possible de trouver des individus ayant plus de 10 ans. L’octodon a une espérance de vie de 6 à 8 ans en captivité. L’octodon est un animal grégaire.

L’octodon est un herbivore strict. À l’instar du Chinchilla, son alimentation doit être riche en fibres, en cellulose et en protéines végétales. Ces petits mammifères peuvent parfaitement s’intégrer dans un animaux de compagnie appartement.

Hérisson africain domestique

Le hérisson pygmée d’Afrique (Atelerix albiventris) suscite un engouement croissant. Avec une taille de 15-30 cm et un poids de 200 g à 600 g en moyenne, sa longévité est de 3 ans dans la nature et 5 à 9 ans en captivité.

Attention importante : Le Hérisson d’Europe est un mammifère intégralement protégé en France au titre de l’article L411-1 du code de l’environnement. C’est l’arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés qui classe le Hérisson d’Europe et le Hérisson d’Afrique du nord comme espèces protégées. Seul le hérisson pygmée africain (Atelerix albiventris) peut être détenu sous certaines conditions.

NAC oiseaux : au-delà des perroquets classiques

Oiseaux exotiques légaux en France

Parmi les oiseaux NAC, on trouve les perroquets, perruches, oiseaux exotiques et volailles naines. Ces espèces offrent une alternative colorée et interactive aux mammifères traditionnels.

Besoins spécifiques des oiseaux NAC

Pour les oiseaux, les soins vétérinaires les plus fréquemment réalisés comprennent la taille du bec, le sexage et le dépistage des maladies. Une volière adaptée et une alimentation équilibrée sont essentielles pour leur bien-être.

NAC aquatiques : poissons et invertébrés

Poissons exotiques d’eau douce et marine

Parmi les NAC aquatiques, on trouve les poissons rouges et poissons d’aquarium. Les poissons d’aquarium comprennent le poisson rouge, combattant, platys et piranha. L’aquariophilie exige une maîtrise des paramètres de l’eau et un équipement adapté.

Crevettes et invertébrés d’aquarium

Les crustacés comme le bernard-l’ermite et les crevettes font partie des NAC aquatiques. Ces invertébrés apportent originalité et diversité à un aquarium bien entretenu.

NAC arthropodes : mygales et insectes

Mygales domestiques : espèces recommandées

Parmi les invertébrés NAC, on trouve les mygales, phasmes, crustacés et mollusques. Les mygales demandent peu d’entretien quotidien mais nécessitent un terrarium parfaitement sécurisé et des conditions d’humidité et de température précises.

Phasmes et autres insectes de compagnie

Les insectes NAC incluent les phasmes, araignées et scorpions. Les phasmes représentent une excellente porte d’entrée dans le monde des insectes de compagnie, étant particulièrement faciles à entretenir et fascinants à observer.

Comment choisir son NAC selon son mode de vie

NAC pour débutants : espèces faciles

Les geckos léopards, les pogonas, les tortues Testudo et les serpents des blés sont des reptiles recommandés pour débuter. Pour les petits mammifères, le cochon d’Inde et le lapin restent des valeurs sûres.

Le Gecko léopard (Eublepharis macularius) est terrestre, facile à élever et parfait pour débuter. Le Gecko à crête (Correlophus ciliatus) est arboricole et ne nécessite pas de chaleur intense.

Budget et coûts d’entretien des NAC

En 2025, le coût moyen annuel pour un animal de compagnie s’élève à 1 284 euros, avec des variations importantes selon l’espèce. Les petits rongeurs comme les hamsters (300-800 € sur leur vie) sont les moins coûteux, suivis par les oiseaux et les lapins.

Pour les rongeurs, les estimations d’entretien annuel hors santé se situent entre 100 et 200 € par octodon. Concernant les furets, le coût initial est entre 50 et 400 euros selon son origine et sa variété. Les accessoires nécessaires (cage, harnais, gamelles, jouets) coûtent jusqu’à 300 euros. Les frais alimentaires représentent environ 15 euros par mois. Le budget total annuel se situe entre 600 et 1 000 euros.

Espace nécessaire selon les espèces

Le terrarium représente un investissement parfois plus cher que l’animal en lui-même, cependant il est crucial à son bien-être. Pour un chinchilla, les dimensions minimales sont de 80*50*120 cm pour un individu seul ; pour deux ou trois animaux, une volière de 80*50*170 cm.

Obligations légales et vétérinaires pour les NAC

Certificats de capacité et autorisations

La détention d’un NAC peut être libre ou soumise à déclaration ou à autorisation préalable et détention d’un certificat de capacité selon l’espèce concernée.

Le certificat de capacité pour l’entretien d’animaux d’espèces non domestiques est un document délivré par l’administration française, reconnaissant la compétence de son titulaire à élever, vendre, louer, faire transiter ou présenter au public des spécimens vivants d’espèces non domestiques. Il est exigé parfois pour la conservation de certains animaux de compagnie qui ne sont pas considérés comme domestiques en France.

La formation pour obtenir cette certification comprend généralement au moins 50 heures de cours théoriques, accompagnées d’un entraînement pratique de 20 heures. La procédure consiste à monter un dossier détaillé à soumettre à la Direction départementale de la protection des populations (DDPP).

Vous devez faire identifier votre NAC (puce, bague, tatouage) et l’enregistrer au registre national I-FAP. Cette démarche est obligatoire pour toutes les espèces non domestiques.

Trouver un vétérinaire spécialisé NAC

Il existe des vétérinaires spécialisés « NAC » (la spécialisation se fait en fin d’études). Il est donc prudent de demander auparavant si un vétérinaire a l’habitude de ces animaux et, en cas de besoin, lui demander l’adresse d’un confrère.

Il existe un annuaire en ligne qui répertorie les vétérinaires spécialisés dans les animaux de compagnie exotiques en France. Vous pouvez consulter cet annuaire pour trouver un vétérinaire NAC près de chez vous.

Le prix d’une consultation vétérinaire pour un NAC est généralement plus élevé que celui d’une consultation pour chien ou chat, en raison de la spécialisation du vétérinaire. En moyenne, le prix d’une consultation de base chez un vétérinaire NAC se situe entre 40 et 80 €.

Erreurs à éviter lors de l’adoption d’un NAC

Achats impulsifs et manque de préparation

L’achat impulsif ou basé uniquement sur l’aspect esthétique peut contribuer à alimenter le trafic illégal, mettant en péril certaines espèces menacées et fragilisant des écosystèmes déjà vulnérables.

Accueillir un NAC ne s’improvise pas. Adopter un NAC demande une réflexion approfondie. Avant de procéder à l’achat, il est essentiel de connaître ses besoins spécifiques, ses risques sanitaires, ses coûts d’entretien, ainsi que ses conditions de vie idéales.

Sous-estimation des besoins spécifiques

Certains achètent des reptiles ou des amphibiens sans posséder de terrarium ou de vivarium, pourtant indispensable pour recréer le biotope nécessaire au bien-être de tels animaux.

L’effet de mode pour les NAC entraîne des comportements inadaptés et irresponsables au sein de nombreuses familles. Il est crucial de se documenter en profondeur avant toute acquisition.

Les espèces interdites en France comprennent notamment : hérissons européens, écureuils, loutres, loups, perroquets gris du Gabon, vipères, salamandres protégées. Ces interdictions visent à protéger la biodiversité et éviter les trafics.

Conclusion : une adoption responsable pour un compagnon heureux

L’adoption d’un NAC représente un engagement sur plusieurs années, voire plusieurs décennies pour certaines espèces comme le chinchilla ou les tortues. Avant de vous lancer, assurez-vous de maîtriser le cadre légal, d’avoir identifié un vétérinaire spécialisé à proximité et d’avoir préparé un habitat adapté.

Le bien-être animal comprend le respect de cinq libertés fondamentales, notamment l’absence de faim, de soif, de malnutrition, de peur, de stress physique et thermique, de douleur et maladie. Tout acte de maltraitance par négligence intentionnelle ou non est sanctionné. Garantir le bien-être de son NAC signifie répondre à ses besoins physiologiques et lui procurer les soins nécessaires.

Prêt à franchir le pas ? Commencez par visiter un éleveur reconnu, contactez un vétérinaire NAC pour obtenir des conseils personnalisés et préparez minutieusement l’arrivée de votre nouveau compagnon. Un NAC bien soigné vous offrira des années de fascination et de complicité !

Written by Vincent