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Les cadavres de dauphins et de phoques s’accumulent sur les plages françaises

Crédits : iStock / Jorg Gillwald

Depuis le début de l’année, les articles de presse se multiplient pour faire part de découvertes de dépouilles de dauphins et de phoques sur des plages du littoral atlantique français. Comment expliquer ces événements ? On fait le point tout de suite.

Un triste bilan pour la faune marine

Deux à Trégunc, quatorze en Vendée, trois à Guidel, trois entre Erdeven et Plouharnel… Depuis peu, on n’en finit plus d’énumérer les macabres découvertes sur divers lieux de la côte atlantique. Le scénario est presque toujours le même : des promeneurs découvrent les cadavres échoués sur les plages, au hasard des marées.

Ils préviennent ensuite les services de mairies et les structures compétentes, qui récupèrent les dépouilles et les étudient. Le but de ces dernières est de déterminer la cause du décès. La plupart des dauphins retrouvés présentent en effet des blessures assez profondes : queue coupée pour beaucoup, éventration, etc.

L’an dernier, près de 800 dauphins échoués étaient répertoriés sur les côtes de l’Atlantique. D’autre part, des cadavres de phoques ont aussi été retrouvés à Boulogne-sur-Mer et à Guidel – entre autres. Certains présentent au même titre que les dauphins de graves mutilations. Ils viennent ainsi s’ajouter à la longue liste des animaux échoués.

phoque plage France
Crédits : iStock /Cécile Haupas

Sea Sheperd dénonce « la surconsommation de poissons » 

Les différentes structures chargées d’enquêter sur le décès de ces dauphins et phoques sont pour le moment unanimes. Selon les premières observations, tous ont été victimes de « captures accidentelles », pour reprendre les mots de Bruno Bertrand, correspondant du réseau national d’échouage Pelagis. Autrement dit, ces animaux sont les victimes collatérales de la pêche.

Ils se retrouvent en effet pris dans les filets et en meurent. Et ce qui alarme les spécialistes, c’est que ces chiffres ne font qu’augmenter au fil des années… À Saint-Gilles-Croix-de-Vie, des membres de l’ONG Sea Sheperd ont décidé d’agir pour réveiller les consciences en posant avec un dauphin mort le 29 janvier dernier.

Leur banderole annonçait ceci : « Des milliers de dauphins comme celui-ci sont massacrés chaque année en France pour que vous mangiez du poisson ». Ils ont notamment réclamé des caméras sur les bateaux de pêche pour « identifier les responsables » et « trouver des solutions ». Ils ont réitéré ces demandes à Nantes le mardi 4 février :

Sea Shepherd, poursuivi pour transport illégal d'espèce protégée. Nous venons d' exposer un énième dauphin tué par la pêche aujourd'hui. Cette fois-ci au marché de Nantes. Nous avons été informés hier que nous sommes poursuivis par le Parquet des Sables d'Olonnes pour la même opération de sensibilisation à Saint Gilles Croix de Vie la semaine dernière. Le risque maximal encouru est de 3 ans de prison ferme et 150 000 euros d'amende au titre de "transport illégal d'espèce protégée". Nous irons en prison s'il le faut pour continuer à alerter le grand public sur l'hécatombe qui a lieu en France. Ces milliers de dauphins sont tués chaque année par des bateaux de pêche qui prétendent vouloir être transparents mais qui continuent de refuser farouchement les caméras à bord des navires pour identifier les bateaux responsables. Nous n'abandonnerons pas, tant que les dauphins mourront par milliers sur nos côtes, nous serons en mer et à terre pour faire en sorte que personne ne l'ignore et pour mettre un terme au massacre. Soutenez notre mission sur : www.seashepherd.fr#OperationDolphinByCatch #SeaShepherd #LaFranceTueSesDauphins

Publiée par Sea Shepherd France sur Mardi 4 février 2020

Que faire si vous découvrez un dauphin échoué ? 

Devant la recrudescence de ces découvertes, l’Observatoire Pelagis, basé à La Rochelle, a rappelé les gestes à avoir lorsque l’on découvre un dauphin échoué sur une plage. Tout d’abord, il faut prendre l’animal en photo. « Cela nous permet d’avoir des premières informations sur l’animal échoué avant même l’évacuation. C’est plus efficace. »

Le mieux est ensuite de contacter l’Observatoire Pelagis au 05 46 44 99 10. Ce sont eux qui s’occupent par la suite de prévenir les municipalités chargées de récupérer les corps. Dans tous les cas, il est fortement déconseillé de s’approcher et à plus forte raison de toucher l’animal. Il peut en effet être porteur de maladies.

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