La femelle de la girafe s’appelle simplement une girafe. Le mâle n’a pas de nom propre en français, on dit une girafe mâle. Le petit est un girafon, et un groupe forme un troupeau. Voilà pour la réponse, qui tient en quatre lignes et qui surprend souvent, car on s’attend à un triplet de mots comme pour la jument, l’étalon et le poulain.
Le français a ici un angle mort. La girafe fait partie des animaux dont le nom d’espèce désigne à la fois le genre grammatical féminin et l’animal entier, sans équivalent masculin consacré. Même chose pour la souris, la panthère ou la baleine. Ce n’est pas un oubli de votre part si le mot vous manque : il n’existe pas.
Girafe, girafon, girafeau : ce que retiennent les dictionnaires
Les ouvrages de référence (Larousse, Le Robert) enregistrent « girafe » comme nom commun féminin, sans forme masculine. Pour préciser le sexe, on ajoute l’adjectif : une girafe mâle, une girafe femelle. C’est l’usage des zoos, des guides naturalistes et des revues scientifiques francophones.
Le jeune porte le nom de girafon. Sa formation est limpide : le suffixe diminutif « -on » est le même que dans aiglon, ourson ou raton. « Girafeau » existe aussi, sur le modèle d’éléphanteau, mais reste plus rare et moins stable selon les ouvrages. Si vous écrivez pour être sûr d’être compris et irréprochable, retenez girafon.
Le tableau qui tranche
| Désignation | Terme correct | Statut |
|---|---|---|
| Femelle | la girafe (girafe femelle pour insister) | Standard, pas de mot spécifique |
| Mâle | la girafe mâle | Standard, pas de mot spécifique |
| Petit | le girafon | Attesté dans les dictionnaires |
| Petit (variante) | le girafeau | Rare, à éviter dans un texte soigné |
| Groupe | un troupeau de girafes | Standard |
| « Taureau girafe » | à ne pas employer | Calque de l’anglais « bull », non validé |
| « Girafeau » pour le mâle | faux | Désigne un jeune, jamais un adulte |
Pour un panorama de ce que le français a prévu (ou non) chez d’autres espèces, voyez comment s’appelle la femelle du crocodile et ses équivalents dans une grande liste comparative. Le cheval offre le contraste idéal : jument, étalon, poulain, trois mots bien distincts. Chez le crocodile, on retrouve la même absence de terme pour la femelle que chez la girafe.
Un troupeau, pas une tour
Un groupe de girafes se dit un troupeau. Les internautes francophones croisent parfois « tower » (tour) ou « journey » (voyage), des expressions poétiques anglaises, la première pour un groupe immobile, la seconde pour un groupe en déplacement. Aucune n’a de statut en français. Ces rassemblements sont d’ailleurs lâches : en savane, les individus se joignent et se quittent au fil des jours, formant des groupes de quelques têtes à une vingtaine, sans hiérarchie rigide.
Gestation, naissance et vie de famille
Quatorze à quinze mois. C’est la durée de la gestation chez la girafe, soit 400 à 460 jours selon les sources, l’une des plus longues parmi les mammifères terrestres. Seuls quelques géants comme l’éléphant ou le rhinocéros la dépassent, et le cheval, qui avoisine onze mois, reste loin derrière. Une femelle ne donne en général naissance qu’à un seul petit. Les jumeaux sont exceptionnels.
La mise bas se fait debout. Le girafon tombe d’une hauteur de près de deux mètres, ce qui rompt le cordon ombilical et déclenche sa première respiration. Il mesure alors environ 1,80 m (plus que beaucoup d’adultes humains) pour un poids de 50 à 70 kilos selon la Giraffe Conservation Foundation. Il se met debout en une demi-heure à une heure et marche dans les heures qui suivent, une nécessité dans un milieu où lions et hyènes rôdent.
Les premières semaines sont les plus dangereuses. La mortalité des girafons est élevée, certaines études sur le terrain évoquant plus de la moitié des jeunes perdus avant un an, surtout par prédation. La mère allaite pendant environ douze à seize mois, tout en lui apprenant à repérer les acacias les plus nourrissants. Plusieurs mères laissent parfois leurs petits regroupés sous la garde de l’une d’elles, une sorte de crèche, pendant qu’elles vont brouter plus loin.
La maturité sexuelle arrive vers quatre à cinq ans, et la femelle met bas pour la première fois autour de cinq ou six ans. Les mâles sont aptes à se reproduire à peu près au même âge, mais ils attendent souvent sept ans ou plus pour s’accoupler vraiment, le temps de gagner en poids face aux rivaux. Côté longévité, comptez 20 à 25 ans en milieu naturel, un peu plus en captivité, où certains individus dépassent 25 ans.
Ces chiffres pèsent lourd dans la conservation. Avec une gestation si longue et un seul petit à la fois, les populations se reconstituent lentement. La girafe est classée « vulnérable » par l’UICN depuis 2016, avec une chute de 36 à 40 % des effectifs en trente ans, tombés sous les 100 000 individus recensés. Selon le découpage retenu, on parle d’une seule espèce (Giraffa camelopardalis) à neuf sous-espèces, ou de quatre espèces distinctes comme le propose la GCF à partir d’analyses génétiques. Le débat n’est pas clos.
Mâle ou femelle : les signes qui ne trompent pas
Sur le terrain, le plus fiable reste la tête. Les ossicônes, ces protubérances osseuses recouvertes de peau, existent chez les deux sexes, mais pas sous la même forme. Chez la femelle, ils sont fins et surmontés d’une touffe de poils sombres, comme des pinceaux. Chez le mâle, ils sont plus épais et souvent dégarnis au sommet, usés par les combats de cou (le « necking ») où deux rivaux se frappent à coups de tête balancée.
Le crâne du mâle se couvre aussi de bosses osseuses supplémentaires avec l’âge, parfois jusqu’à une troisième protubérance médiane bien marquée, ce qui lui donne un front massif. La silhouette complète le tableau : un mâle adulte peut atteindre 5,5 m et dépasser une tonne, quand la femelle culmine autour de 4,3 m pour environ 800 kilos. Chez certaines sous-espèces, le pelage du mâle fonce aussi avec l’âge.
Sur une photo, regardez d’abord le sommet des cornes : touffe sombre, c’est une femelle ou un jeune ; sommet lisse et épaissi, un mâle. Attention toutefois aux petits, dont les ossicônes sont encore couchés à la naissance et ne se dressent qu’après quelques jours. Chez un girafon, la distinction devient presque impossible à vue.
D’où vient le mot girafe, et les erreurs qui reviennent
Le mot descend de l’arabe zarāfa, passé par l’italien giraffa. Au Moyen Âge, le français hésitait entre des formes comme « orafle » ou « girafle », avant que « girafe » ne s’impose à la Renaissance. Le nom scientifique, camelopardalis, remonte au latin et au grec : le « chameau-léopard », ainsi baptisé à cause de sa démarche de chameau et de sa robe tachetée.
L’histoire la plus célèbre reste celle de Zarafa. Offerte à Charles X par le pacha d’Égypte, elle a traversé la France à pied depuis Marseille jusqu’à Paris en 1827, déclenchant une véritable « girafomanie » : coiffures à la girafe, tissus, vaisselle. Le mot, sans être inconnu, est entré alors dans le quotidien des Français.
Les confusions se concentrent sur quelques points. Écrire « girafeau » pour désigner le mâle adulte est faux, puisque le suffixe marque la jeunesse. « Taureau girafe » ou « vache girafe » sont des décalques de l’anglais, qui emploie bull et cow. Dire « girafon » pour une femelle adulte ne fonctionne pas non plus. Enfin, un groupe n’est ni une « tour » ni un « voyage » en français.
Les questions qui reviennent le plus souvent trouvent leurs réponses dans ce qui précède : le petit se nomme girafon, le mâle girafe mâle, la gestation dure 14 à 15 mois, la femelle n’a généralement qu’un petit à la fois et la durée de vie naturelle est de 20 à 25 ans.
Pour comparer la girafe avec d’autres espèces et retrouver d’un coup d’œil la femelle, le petit et le cri de chacune, consultez le guide les animaux et leur femelle et leur petit et leur cri. Un détail pour finir : la girafe est quasi muette, elle émet surtout des infrasons que l’oreille humaine ne perçoit pas, ce qui explique qu’on lui attribue si rarement un cri dans les listes.

