in ,

Chute impressionante de la population d’oiseaux en France

Crédits : edevansuk / iStock

Lundi 31 mai 2021, le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), l’Office français de la biodiversité (OFB) et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) annoncent une nouvelle dramatique pour le monde animal. La population d’oiseaux en France aurait diminué d’un tiers en France en l’espace de 30 ans. L’étude mise en place depuis 1989 en dévoile les causes et les conséquences.

Les oiseaux en ville

Dans le milieu urbain, cette baisse est notable. La population aurait chuté de 27,6 % en 30 ans. Si cela ne frappe pas l’œil lorsque l’on se balade en ville, c’est normal. Les pigeons occupent tout l’espace. Comme nous montre le graphique suivant, le nombre de pigeons en France a augmenté de 100 % en 19 ans ! Cela est principalement dû au fait que cet oiseau s’adapte facilement à son environnement, qu’il soit urbain ou rural.

Source : Etude LPO

L’augmentation massive d’une seule l’espèce n’est pas une bonne nouvelle. Cela freine la biodiversité et « révèle en fait une uniformisation de la faune sauvage ».

Certaines espèces des villes n’ont pas eu la même chance, en particulier les hirondelles ou bien les moineaux friquets qui sont en fort déclin.

Cette baisse est surtout due à « l’artificialisation toujours plus forte », des villes de plus en plus polluées et aux rénovations de bâtiments qui privent les oiseaux de cavités où se nicher.

Les oiseaux à la campagne

Mais le problème le plus inquiétant concerne la population des oiseaux des milieux agricoles. Leur baisse s’élève à 29,5 % en 30 ans. Celle-ci s’explique par le modèle agricole intensif mis en place après la guerre. Celui-ci requiert une utilisation abusive de produits chimiques comme les pesticides, qui ont fait disparaître ou transformé les habitats des volatiles. L’exemple du Pipit farlouse inquiète particulièrement, car la population de l’espèce a baissé de 66 % en 19 ans.

Source : Etude LPO

Les espèces vivant en forêt sont pour l’instant les plus épargnées avec une baisse de 10 %.

Quelles solutions ? 

Il existe des solutions pour pallier ce déclin. Et il faut agir tant qu’il en est encore temps. À l’échelle individuelle, les organisations telles que la LPO nous invitent à éviter les pesticides toxiques dans nos jardins. Mais malheureusement « tout se joue au niveau des politiques publiques » et la mise en place de projets de loi pour réduire les émissions de produits toxiques dans les milieux agricoles.

«Cette biodiversité ordinaire tend à disparaître et il faut absolument faire quelque chose pour la restaurer. Si la connaissance, l’expertise, le suivi ne servent pas à protéger derrière, ça ne sert à rien !», alerte le directeur général de l’OFB, Pierre Dubreuil.

La LPO accuse les industriels de l’agrochimie de produire et commercialiser des produits toxiques dont ils connaissent les répercussions. C’est pourquoi elle demande au tribunal français l’adoption de la loi du 14 décembre 2020 visant à interdire certains pesticides dans le cas de danger sanitaire.

oiseaux maison
Crédits : Kichigin / iStock