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Ce hibou vieux de 55 millions d’années avait des “serres meurtrières”

Crédits : Chraecker/Pixabay

Une équipe de paléontologues annonce la découverte d’une nouvelle espèce de hibou évoluant sur Terre il y a 55 millions d’années. Son squelette est l’un des plus anciens jamais retrouvés. C’est aussi l’un des plus complets.

Il y a environ 55 millions d’années, dans l’actuel Wyoming, volait un redoutable rapace. Ses restes fossilisés, découverts dans les années 90, viennent de faire l’objet de nouvelles analyses. D’après les chercheurs, qui publient leurs travaux dans le Journal of Vertebrate Paleontology, cet animal représente un nouveau genre et une nouvelle espèce de hibou. Il vient d’être nommé Primoptynx poliotauros.

Cette nouvelle étude est intéressante à plus d’un titre. D’une part, il s’agit de l’un des plus vieux hiboux jamais identifiés. Les plus anciens fossiles datent en effet d’environ 60 millions d’années. En revanche, le spécimen en question n’avait pu être identifié que par quelques fragments d’os et par un unique os de jambe. Ce nouvel oiseau présente quant à lui un fossile quasi complet. En effet, il ne lui manque que la tête).

C’est un très vieux hibou qui conserve encore des caractères squelettiques primitifs qui nous aident à comprendre l’histoire évolutive de ces oiseaux“.

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À l’exception du crâne, ce squelette vieux de 55 millions d’années est quasi complet. Il représente une toute nouvelle espèce de hibou primitif. Crédits : Institut de recherche et musée de la nature de Senckenberg

Des serres meurtrières

Sur la base de ses os préservés, cet oiseau mesurait près de soixante centimètres de long. D’après les chercheurs, il devait être aussi grand qu’un harfang des neiges moderne (Nyctea scandiaca).

Il a une autre caractéristique étonnante. Les premier et second orteils de Primoptynx étaient plus gros que les autres, tandis que de nos jours, les orteils des hiboux sont tous à peu près de la même taille. Cela suggère que ses pieds ressemblaient davantage à ceux d’autres rapaces prédateurs, tels que les faucons et les aigles. Ainsi, nous pourrions imaginer que ces anciens hiboux tuaient leurs proies de la même manière : en les perforant avec leurs serres, contrairement à leurs parents modernes qui utilisent leur bec.

De cette manière, ce rapace était probablement capable de s’attaquer à des proies aussi grosses que des lapins. À son époque, les lapins n’étaient pas encore présents en Amérique du Nord. En revanche, le territoire était peuplé de rongeurs qu’il pouvait saisir au sol, mais aussi de nombreux primates évoluant dans les arbres.