in

Pyrénées : une nouvelle ourse a été abattue par un chasseur

Crédits : iStock / Philippe Clement

Rien que pour l’année 2020, c’est le troisième ours envoyé à la mort par la main l’Homme. Dimanche dernier, l’ourse Sarousse a en effet été abattue par un chasseur du côté espagnol de la chaîne pyrénéenne. Un mort qui met à nouveau de l’huile sur le pour un débat qui n’en avait pourtant pas besoin. Retour sur les circonstances de cette mort. 

Trois ours tués cette année

En 2020, deux ours ont déjà connu un sort du même genre, même s’il est fort probable qu’ils aient été victimes de personnes mal intentionnées qui savaient très bien ce qu’elles faisaient.

C’est en tout cas sûr pour l’ours Cachou dont la dépouille a été retrouvée le 9 avril dernier dans un ravin des Pyrénées espagnoles. Les circonstances de sa mort restent d’autant plus floues que les résultats de l’autopsie n’ont pas été publiquement révélés. En revanche, un agent de l’environnement du Conseil général d’Aran a été arrêté il y a quelques jours dans le cadre de l’enquête. Il serait directement impliqué dans la mort de Cachou.

Le 9 juin dernier, un autre ours était retrouvé mort, cette fois-ci tué par balles à Ustou – en Ariège. Face à l’indifférence générale et à la politique du silence observée alors, une vingtaine d’associations avait même porté plainte contre X pour destruction d’une espèce protégée. À ce jour, aucun coupable n’a été retrouvé.

Des circonstances à éclaircir

La mort de Sarousse est donc étonnamment la seule qui laisse planer le doute quant aux circonstances dans lesquelles elle est survenue. En effet, le chasseur – qui participait à une battue au sanglier – a confié à un journal catalan avoir tiré sur l’animal dans un cadre de légitime défense. Cette dernière aurait continué à avancer vers l’homme en dépit de ses cris visant à la faire fuir, l’homme a fait feu par trois fois.

Introduite en 2006 dans les Pyrénées, l’ourse Sarousse était originaire de Slovénie, et était âgée de 21 ans. Quoi qu’il en soit, sa dépouille a été récupérée et va faire l’objet d’une autopsie pour clarifier les causes du décès – même si la part du doute est relativement faible, elle permettra d’infirmer ou non la version du chasseur.

Une question toujours aussi épineuse

Dans tous les cas, l’annonce de cette nouvelle perte ajoute de l’eau au moulin des personnes oeuvrant pour la défense des animaux et de la nature. Il reste actuellement une cinquantaine d’ours dans les Pyrénées, dont 3 sont équipés de colliers qui permettent de les géolocaliser. Au titre que ces animaux sont en danger critique d’extinction, de nombreuses associations demandent au gouvernement de remplacer ces animaux tués par l’Homme.

Selon Alain Reynes, directeur de l’association Pays de l’ours-Adet, « c’est la plus petite population d’ours en Europe, la loi européenne impose la restauration des populations dont l’ours fait partie, c’est un manquement de l’État français, il faut que les choses changent ».