En ce début de mois de février, alors que l’hiver semble s’éterniser et que l’humidité ambiante pénètre jusqu’aux os, nos compagnons félins préfèrent souvent le confort du radiateur aux sorties dans le froid. Votre chat éternue en série et semble avoir perdu sa joie de vivre habituelle ? Si un simple courant d’air est parfois coupable, ces symptômes couplés à un changement de comportement peuvent cacher une infection plus sournoise qu’il ne faut pas négliger. Face à une boule de poils qui renifle, la frontière entre le petit désagrément hivernal et la pathologie sérieuse est parfois ténue, mais certains indices ne trompent pas l’œil averti.
Entre poussière et petit coup de froid, il faut savoir repérer l’éternuement anodin
Il ne faut pas nécessairement céder à la panique au premier « atchoum ». Comme nous, le chat possède une muqueuse nasale sensible réagissant aux agressions extérieures. En cette période de l’année, où les systèmes de chauffage assèchent considérablement l’air de nos intérieurs, les irritations sont monnaie courante. Un éternuement isolé, sec et sans suite, est souvent la réponse physiologique à une particule de poussière délogée de sous un meuble ou à une odeur un peu trop forte (parfums d’ambiance, fumée de cigarette ou produits ménagers). Si votre animal éternue une fois, se lèche le nez et repart vaquer à ses occupations — dormir, essentiellement — il n’y a probablement pas péril en la demeure.
Le « coup de froid » simple existe, bien qu’il soit moins fréquent qu’on ne le pense. Il se manifeste par quelques éternuements clairs sur une courte période, sans altération de l’état général. L’animal reste vif, mange avec appétit et fait sa toilette méticuleusement. C’est ici que la vigilance doit s’installer : tant que les sécrétions restent invisibles ou transparentes comme de l’eau, et que le comportement reste inchangé, une simple surveillance suffit. La capacité d’observation constitue la première qualité du propriétaire responsable. Cependant, si ces éternuements deviennent explosifs, fréquents ou s’installent sur plus de 24 heures, la situation exige une réévaluation immédiate.
Des yeux qui pleurent à la perte d’appétit, ces symptômes marquent le basculement vers l’infection virale
C’est précisément lorsque le tableau clinique s’enrichit d’autres signes que l’on quitte le domaine du bénin. Le chat est un animal stoïque ; lorsqu’il montre qu’il ne va pas bien, c’est que son système immunitaire est déjà en pleine bataille. Le signe d’alerte le plus flagrant est sans doute le changement de nature des sécrétions. Un écoulement nasal ou oculaire qui devient épais, vire au jaune ou au vert (mucopurulent), indique une surinfection bactérienne souvent consécutive à une attaque virale majeure. De plus, des yeux collés au réveil ou une troisième paupière apparente sont des indicateurs clairs de malaise.
Mais au-delà des symptômes respiratoires, c’est l’état général qui doit vous inquiéter. Une infection virale sérieuse, comme le coryza (rhinotrachéite virale ou calicivirose), « assomme » littéralement l’animal. On observe alors un abattement marqué : le chat reste prostré, ne joue plus, et peut rechercher des endroits isolés pour se cacher. Le symptôme cardinal, celui qui ne doit jamais être ignoré, est l’anorexie. Un chat dont le nez est bouché perd son odorat, et par conséquent, son envie de manger. Or, un jeûne, même de courte durée chez le félin, peut avoir des conséquences hépatiques désastreuses. Si votre compagnon refuse sa gamelle favorite et semble fiévreux (oreilles et coussinets très chauds au toucher), l’heure n’est plus à l’attentisme.
Pour écarter le coryza ou soulager une allergie, l’avis du professionnel reste votre meilleure arme
Face à ce tableau, l’automédication est à proscrire absolument. Donner un fond de médicament humain à un chat est souvent le plus sûr moyen de l’intoxiquer gravement : le paracétamol, par exemple, est mortel pour eux. Des éternuements fréquents chez le chat accompagnés de sécrétions, d’abattement ou de perte d’appétit peuvent signaler une infection virale ou allergique nécessitant une consultation vétérinaire rapide. Seul un professionnel pourra, grâce à un examen clinique complet (auscultation pulmonaire, prise de température, vérification des ulcères buccaux typiques du calicivirus), poser le bon diagnostic.
Le traitement variera radicalement selon la cause. S’il s’agit d’un coryza, un protocole à base d’anti-inflammatoires, d’antibiotiques (pour gérer les surinfections) et parfois d’aérosolthérapie sera mis en place. Des soins oculaires rigoureux seront également nécessaires si les yeux sont atteints. Dans le cas moins dramatique, mais tout aussi gênant, d’une allergie saisonnière ou environnementale, le vétérinaire pourra prescrire des antihistaminiques ou des corticoïdes adaptés. Rappelons enfin que la vaccination reste le rempart le plus efficace contre les formes graves de ces maladies virales. Un chat à jour dans ses vaccins peut certes attraper un « rhume », mais il développera rarement les formes sévères qui conduisent à l’hospitalisation.
Ne laissez pas traîner ces symptômes, car votre réactivité est la clé pour remettre votre félin rapidement sur pattes. Pour bien prendre soin de votre compagnon, distinguer le grain de poussière dans la narine de l’infection virale demande du bon sens et de l’observation : la gaieté et l’appétit de votre chat sont vos meilleurs baromètres de santé. Une fois la crise passée, peut-être sera-t-il temps de vérifier si l’air de votre logement n’est pas trop sec ou de revoir le calendrier vaccinal de votre petit protégé ?
