La vache meugle (ou beugle), le taureau beugle, le cheval hennit, l’âne brait, le mouton et la chèvre bêlent, le cochon grogne, la poule caquette ou glousse, le coq chante, le canard nasille, l’oie siffle ou cacarde, la dinde glougloute, la pintade criaille et le lapin clapit. Treize animaux, une dizaine de verbes bien distincts, et un français qui ne pardonne pas toujours l’approximation. Cette page se limite aux bêtes d’élevage et de basse-cour. Le chien et le chat relèvent des animaux domestiques, la forêt et la savane ont leurs propres cris.
Le cri de chaque animal de la ferme en un coup d’œil
Le tableau ci-dessous classe les animaux par famille. Il distingue le nom du cri, le verbe à l’infinitif et la forme conjuguée à la troisième personne du singulier, celle qu’on cherche le plus souvent à l’écrit.
| Famille | Animal | Nom du cri | Verbe (infinitif) | 3e personne |
|---|---|---|---|---|
| Bovins | Vache | meuglement, beuglement | meugler, beugler | elle meugle, elle beugle |
| Bovins | Taureau | beuglement, mugissement | beugler, mugir | il beugle, il mugit |
| Bovins | Veau | meuglement | meugler | il meugle |
| Équidés | Cheval | hennissement | hennir | il hennit |
| Équidés | Âne | braiment | braire | il brait |
| Ovins et caprins | Mouton, brebis | bêlement | bêler | il bêle, elle bêle |
| Ovins et caprins | Chèvre, bouc | bêlement | bêler | elle bêle, il bêle |
| Porcins | Cochon, porc | grognement | grogner | il grogne |
| Volailles | Poule | caquètement, gloussement | caqueter, glousser | elle caquette, elle glousse |
| Volailles | Coq | chant, cocorico | chanter, coqueriquer | il chante, il coquerique |
| Volailles | Canard | nasillement, cancanement | nasiller, cancaner | il nasille, il cancane |
| Volailles | Oie | cacardement | cacarder, siffler | elle cacarde, elle siffle |
| Volailles | Dinde, dindon | glouglou | glouglouter | elle glougloute |
| Volailles | Pintade | criaillement | criailler | elle criaille |
| Lapins | Lapin | clapissement | clapir | il clapit |
Deux remarques avant d’entrer dans le détail. Le nom du cri ne ressemble pas toujours au verbe : le cheval hennit, mais son cri est un hennissement, et l’âne brait pour un braiment. Et un même animal porte souvent plusieurs verbes, valables selon le contexte. Pour un panorama plus large des cris, la page sur les cris des animaux de la ferme et de leurs verbes sert de point de départ.
Bovins, équidés, ovins, caprins et porcins : les cris des grands animaux
Commençons par la vache, l’animal dont le cri fait l’objet du plus grand nombre de recherches. Elle meugle, c’est le verbe de référence, et son cri est un meuglement. Beugler existe aussi dans les dictionnaires pour les bovins, avec une nuance d’intensité : un cri plus fort, plus rauque, que la vache pousse quand elle est séparée de son veau ou en détresse. Le taureau, lui, beugle ou mugit. Le veau meugle d’une voix plus aiguë, et c’est ce cri qui guide la mère dans un troupeau de plusieurs dizaines de bêtes.
Le cheval hennit. Quatre lettres de plus que le « i » qu’on entend, un double n discret, et un nom de cri, le hennissement, qui garde la même racine. Le hennissement sert surtout à garder le contact : un cheval séparé du groupe appelle, ses congénères répondent. Celui de l’âne se dit braire, un verbe irrégulier (il brait, ils braient) qui trébuche souvent à l’écrit. Braire s’emploie aussi, familièrement, pour quelqu’un qui pleure ou crie sans retenue, ce qui explique que le mot ait mauvaise réputation. L’âne n’y est pour rien.
Chez les ovins et les caprins, la simplicité l’emporte : le mouton, la brebis, l’agneau, la chèvre et le bouc bêlent tous. Même verbe, même nom, le bêlement. Une brebis reconnaît la voix de son agneau parmi des dizaines d’autres au bout de quelques jours, et l’agneau fait de même avec sa mère. Les éleveurs en tirent parti au moment des mises bas. Le bêlement de la chèvre est souvent plus nasillard et plus insistant que celui du mouton, mais la langue ne fait pas la différence.
Le cochon grogne, et son cri s’appelle le grognement. Le verbe grouiner, plus rare, est attesté pour le porc, et le porcelet couine ou piaille quand on le manipule. Rien de plus, rien de moins : parmi les animaux de la ferme, le porc est le seul grand mammifère dont le verbe n’est partagé avec aucune autre espèce courante.
Basse-cour et lapin : les cris des petits animaux
La basse-cour est le terrain le plus piégeux. La poule dispose de deux verbes, caqueter et glousser, le coq de deux autres, chanter et coqueriquer. Caqueter désigne le cri répété, bruyant, qu’on associe à la ponte. Glousser évoque un son plus bas et plus continu, celui de la poule qui appelle ses poussins ou qui se promène tranquillement. Les dictionnaires acceptent les deux pour la poule. Le coq, lui, chante : c’est le verbe d’usage, et le chant s’écrit en onomatopée « cocorico » ou « coquerico ». Coqueriquer existe comme verbe, mais il est rare. Des chercheurs de l’université de Nagoya ont montré en 2013 que le coq chante selon une horloge interne, même plongé dans une obscurité permanente. Le lever du soleil n’est donc pas le seul déclencheur.
Le canard nasille, ou cancane, et son cri est un nasillement ou un cancanement. Les deux verbes sont corrects, le second étant sans doute le plus courant dans la langue de tous les jours. L’oie cacarde, et son cri est le cacardement. Elle siffle aussi, surtout quand elle se sent menacée, bec ouvert et cou tendu. Ceux qui ont déjà croisé une oie jars protégeant son territoire savent que ce sifflement n’a rien de décoratif.
La dinde glougloute, un verbe qui imite le son qu’il désigne. Le dindon mâle fait de même, gonflé en parade devant les femelles. La pintade, elle, criaille : un cri strident, répété, qu’on entend de loin, ce qui explique que certains fermiers l’utilisent comme sentinelle. Un étranger entre dans la cour, la pintade donne l’alerte avant le chien.
Reste le lapin, l’animal de ferme le plus discret. Oui, il fait du bruit, mais peu. Le verbe clapir, avec son nom, le clapissement, est référencé pour le lapin, même s’il est rare à l’oral. Les éleveurs entendent surtout de petits grognements, des grincements de dents quand il est détendu, et un cri strident de détresse en cas de danger. Pour signaler l’alerte aux autres, il préfère frapper le sol de ses pattes arrière. Le lapin parle donc davantage avec ses pattes qu’avec sa gorge.
Pourquoi ces cris existent, et comment ne pas se tromper de verbe
Derrière chaque cri, une fonction. Les cris d’alerte (pintade, oie, lapin qui tape du pied) préviennent le groupe d’un danger. Les cris de contact (cheval, vache, brebis) maintiennent le lien entre un petit et sa mère, ou entre les membres d’un troupeau. Les cris de parade (coq, dindon) servent à marquer un territoire ou à séduire. Et les cris de bien-être ou d’inconfort (poule qui glousse, cochon qui grogne devant son auge) renseignent l’éleveur sur l’état du troupeau. C’est une grammaire sonore, pas un bruit de fond. Les verbes français, eux, tentent de retranscrire ces nuances.
Les trois confusions classiques
Meugler et beugler en premier. Le premier est neutre et courant pour la vache. Le second est plus intense, et il s’applique aussi au taureau ainsi qu’à une personne qui crie fort, au sens familier. La règle pratique : pour une vache au pré, meugler ; pour une bête qui appelle de toutes ses forces, beugler.
Bêler et bramer ensuite. Bêler est le verbe du mouton, de la chèvre et de l’agneau. Bramer est celui du cerf, ou plus largement des cervidés en période de rut. Le confondre revient à placer un cerf dans une bergerie. Et l’on entend parfois « bêler » pour des personnes qui se plaignent, de la même façon qu’on dit « braire » pour quelqu’un qui pleure bruyamment.
Caqueter et glousser, enfin. La question revient souvent : pourquoi dit-on que la poule glousse plutôt qu’elle caquette ? Les deux sont acceptés. Glousser est plus fréquent dans les manuels scolaires et dans les expressions imagées, caqueter renvoie à un bruit plus aigu, plus agité. Dans le doute, la poule qui appelle ses poussins glousse, celle qui annonce un œuf caquette.
Où écouter, et les réponses rapides
Lire un verbe ne remplace pas l’écoute. Les enregistrements zoologiques ou agricoles permettent de vérifier à l’oreille la différence entre un beuglement et un meuglement, ou entre un nasillement et un cacardement. Les pages sur les animaux sauvages de la forêt et sur les animaux de la savane proposent la même logique d’écoute pour d’autres milieux. Pour la ferme, les ressources pédagogiques de l’Éducation nationale destinées aux cycles 1 et 2 offrent aussi des banques de sons.
Comment s’appelle le cri de la vache ? Le meuglement, parfois le beuglement. Et celui du cochon ? Le grognement. Celui de l’âne ? Le braiment, du verbe braire. Quel verbe pour la chèvre ? Bêler, comme pour le mouton. Et la dinde ? Elle glougloute. Le lapin fait-il un bruit ? Oui, il clapit, mais surtout discrètement : grincements de dents, petits grognements, et un cri aigu en cas de détresse.
Gardez le tableau sous la main, testez-vous sur la prochaine balade à la campagne, puis prolongez avec la fiche les animaux et leur femelle et leur petit et leur cri, qui relie chaque espèce à son vocabulaire complet.
Dernier détail : le cocorico français n’a rien d’universel. L’anglais entend « cock-a-doodle-doo », l’allemand « kikeriki », l’espagnol « quiquiriquí ». Le même chant de coq, quatre transcriptions.

