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Pour les rats, l’entraide passe avant tout

Crédits : Pxhere
Pour les rats, l’entraide passe avant tout
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Une étude, réalisée par des chercheurs japonais, est à nouveau venue démontrer que les rats bruns étaient doués de talents sociaux extraordinaires. Par ailleurs, les résultats de cette recherche ont permis de confirmer que ces animaux seraient bien doués d’empathie. Un sentiment qui a longtemps était considéré comme exclusif à l’être humain.

Les nombreuses expériences comportementales menées sur les rats ont permis de nous apprendre à quel point ces animaux pouvaient être doués de capacités sociales étonnantes. En effet, selon les résultats de certains de ces travaux, ces petits rongeurs seraient non seulement capables de comportements altruistes motivés par de l’empathie, mais pourraient également se souvenir d’une faveur passée pour récompenser leurs congénères en conséquence. Pour autant, les conclusions de ces études n’ont pas empêché un certain nombre de détracteurs de penser que ces comportements auraient pu être motivés par l’intérêt propre de l’animal et non par de la pure générosité. Des critiques qui ont notamment poussé des scientifiques de l’université de Kwansei Gakuin (Japon) à inventer un nouveau protocole expérimental visant à tester l’empathie des rats. Les résultats de cette recherche ont récemment été publiés dans la revue Animal Cognition.

Dans la première partie de leur expérience, les chercheurs se sont servis d’une enceinte transparente divisée en deux parties et ont placé un rat de chaque côté. Alors que le rongeur situé du côté gauche était immergé dans l’eau – situation extrêmement déplaisante pour un rat -, celui situé du côté droit était quant à lui au sec et avait l’opportunité d’apprendre à ouvrir un loquet pour que son compagnon puisse le rejoindre au sec. Les résultats sont pour le moins éloquents puisque 9 rats sur 10 situés dans le compartiment sec ont ouvert à leur ami en détresse situé dans le compartiment immergé (voir vidéo ci-dessous). Par ailleurs, lorsque les rôles ont été inversés et que le « noyé » prenait la place du « sauveteur », ce premier mettait significativement moins de temps à venir en aide à son compagnon que lors de la première situation. « Non seulement le rat identifie la détresse de son comparse, mais il est encore plus incité à agir car il se souvient d’avoir été dans cette situation.», a expliqué Peggy Mason, une neurobiologiste relayée par le site Slate.

Autre fait intéressant, les rats ont ouvert la porte à leur compagnon uniquement lorsque le compartiment en face était rempli d’eau. Or, à l’occasion d’une expérience antérieure dans laquelle un rat devait délivrer un congénère enfermé dans une cage, les détracteurs avaient souligné qu’il était impossible de savoir si le rongeur avait secouru son compagnon par empathie ou simplement pour assouvir son besoin de compagnie. L’étude menée par l’université de Kwansei Gakuin permet aujourd’hui de répondre à cette critique puisque, si le rat agissait uniquement pour combler sa solitude, il aurait alors ouvert le sas dans tous les cas de figure.

Dans la seconde partie de l’expérience, les chercheurs sont allés encore plus loin en confrontant l’empathie des rats à leur gourmandise. En effet, dans ce test le rat « sauveteur » était en face de deux compartiments et avait le choix entre venir en aide à son congénère ou bien ouvrir la porte derrière laquelle se trouvait un morceau de chocolat. Malgré ce choix cornélien, les rongeurs ont préféré dans 50 à 80% des cas porter tout d’abord secours à leur compagnon avant d’aller chercher la friandise. Des résultats qui laissent donc penser que le besoin d’aider leur congénère est au moins aussi fort que le désir de nourriture. « Notre étude suggère que ces animaux sont capables de comportements prosociaux et que le rat « sauveur » a pu être motivé par un sentiment d’empathie à l’égard de son compagnon en détresse », a ainsi déclaré Nobuya Sato, l’un des principaux auteurs de la recherche.

Pour la petite morale de l’histoire, sachez que 25% des rongeurs sont même allés jusqu’à partager la friandise avec leur congénère. De quoi changer notre vision négative des rats et nous offrir, par la même occasion, une belle leçon de solidarité !

Sources : Slate ; Science

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