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Les poissons ont-ils des sentiments ?

Crédits : Pixabay
Les poissons ont-ils des sentiments ?
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Alors que des études antérieures émettaient l’hypothèse que les poissons pouvaient avoir des sentiments, de récentes recherches le prouvent enfin. Il existe bel et bien des signes biologiques donnant la faculté aux poissons d’éprouver des sentiments.

Il s’agit d’une découverte majeure dans le domaine méconnu de la sensibilité animale alors que depuis quelques temps la loi a fait des progrès dans la considération de l’animal comme un être sensible. Des chercheurs franco-portugais ont révélé leurs résultats dans la revue Nature Scientific Reports, le 13 octobre 2017.

Ces recherches ont porté sur les daurades, des poissons habituellement appréciés pour leur bonne qualité gustative, à qui une capacité d’éprouver des sentiments a été attribuée. Alors que ces résultats ont besoin d’être confirmés, il se pourrait alors que ce type de caractéristique soit apparu très tôt dans l’évolution, il y a 375 millions d’années, puisque les poissons et les mammifères ont des ancêtres communs.

Les scientifiques ont mené des tests sur 96 daurades après un entraînement sur une période de deux semaines. Un système de récompense/punition selon une répartition aléatoire a été utilisé dans le but de comparer les réactions physiologiques des daurades à celles d’autres animaux dont on connait déjà cette capacité d’avoir des sentiments.

Évidemment, le poisson n’est pas doté de parole, n’émet aucun cri et n’a pas d’expression faciale. Ainsi, les chercheurs ont plutôt enquêté sur des signaux biologiques (taux de cortisol dans le sang) et autres comportements (fuite, interactions sociales), déjà identifiés chez d’autres mammifères tels que les primates. De plus, ces tests ont été basés sur un modèle animal du « sentiment », faisant des liens entre des sentiments positifs et certaines régions du cerveau. Les chercheurs ont donc fait ce type de vérifications chez les daurades.

Les poissons séparés en deux groupes ont été soumis à un entraînement d’une douzaine de jours consistant à les habituer à un signal lumineux signifiant l’obtention de nourriture pour certains et un enfermement pour d’autres. Durant les trois derniers jours, les tests ont porté sur l’exposition des poissons à ce même signal lumineux (et l’évaluation de leur comportement), lié à l’aspect positif de la nourriture pour certains et à l’aspect négatif de l’enfermement pour les autres. En définitive, les réactions physiologiques des poissons ont été assez proches de celles des primates, des chiens et même des humains !

Article initialement publié sur SciencePost

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