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Les girafes et autres grands animaux décimés en Afrique, massacrés par les milices

Crédits : iStock
Les girafes et autres grands animaux décimés en Afrique, massacrés par les milices
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Joseph Kony et sa tristement célèbre Armée de résistance du Seigneur ont décampé près de l’Ouganda, où ils déciment, avec les Janjaweeds (milice soudanaise) et d’autres milices non-étatiques, les animaux emblématiques de la région que sont les éléphants et les girafes.

Des girafes, des éléphants et des rhinocéros en grave danger

C’est le message sombre d’un rapport publié par l’ONG TRAFFIC, l’agence de surveillance du commerce des espèces sauvages. Compilé à travers des interviews de 700 personnes de 87 villages de la République Démocratique du Congo (RDC), de la République Centrafricaine (RCA) et du Soudan, le rapport expose la menace qui pèse aujourd’hui sur les grandes espèces animales de la région. Les girafes, apprend-on, seraient simplement tuées pour fournir à l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) des queues destinées à chasser les mouches. Seules 47 d’entre elles survivent dans la région, où il y en avait auparavant 350. Les éléphants, braconnés pour leur viande et leur ivoire, seraient aujourd’hui moins de 1 400 ; alors qu’ils étaient 22 000 en 1970. Quant aux rhinocéros, ils ont complètement disparus.

« La LRA brasse beaucoup d’ivoire, mais en termes de quantité, les pasteurs et les milices du Soudan et du Sud Soudan sont le plus gros problème« , affirme l’auteure du rapport, Liz Williamson, de l’Université de Stirling au Royaume-Uni. « Ils sautent d’un côté à l’autre de la frontière, et la plupart des échanges de produits de la faune, en particulier de l’ivoire, passent par le Soudan. Les groupes sont très professionnels et bien équipés », poursuit-elle. « Certains tirent même les éléphants depuis des hélicoptères. Ce sont des gangs de braconniers hautement organisés« .

« Ces braconniers vendent la viande à des individus et à des restaurants dans les villes, les villages périphériques, et transportent les produits de valeur, comme l’ivoire, les peaux et d’autres trophées, vers les grandes municipalités pour continuer de financer le braconnage », peut-on lire dans le rapport. « Ce groupe est constitué d’acteurs locaux et étrangers, équipés d’armes semi-automatiques« .

Des associations mobilisées contre le braconnage

Plusieurs groupes se battent, mais ils ont besoin de plus de soutien. African Parks, notamment, qui depuis le mois d’octobre s’appuie sur l’imagerie satellitaire pour suivre les activités de braconnage. De même, Invisible Children, principalement axé sur la lutte contre les enlèvements d’enfants, a récemment mis en place un réseau de radio local pour permettre aux villages d’échanger des informations sur les activités de braconnage.

« Le plus gros problème reste l’instabilité politique chronique dans la région », note la chercheuse. « Cela crée des vides de pouvoir qui permettent aux milices d’opérer et de débaucher en toute impunité. Les guerres civiles continuent de faire rage en RCA, la corruption et l’instabilité sont monnaie courante en RDC, et le conflit en cours entre le Soudan et le Sud-Soudan crée le chaos. C’est une situation très, très difficile, et sans accords de paix pour lutter contre l’insécurité en cours, les problèmes vont continuer« .

Article initialement publié sur SciencePost

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