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Le dodo : mode de vie d’un animal mythique disparu au 17e siècle

Crédits : RanZag/Wikipédia

Le dodo (ou Dronte de Maurice) est un oiseau découvert au 16e siècle sur l’île Maurice. Ce parent proche de nos pigeons actuels disparaîtra un siècle plus tard à cause de l’activité humaine. Symbole de la stupidité dans la culture populaire, le dodo n’a pas encore livré tous ses secrets…

Un animal rare et imposant

Considéré comme un gros oiseau bête et incapable de voler, le dodo est une espèce de mélange entre la poule et le pigeon. Mesurant 1 mètre et pesant environ 10 kilos, cet animal est empreint de gaucherie et très lent dans l’imaginaire collectif. En réalité, le dodo pouvait être très agressif, notamment lorsqu’il s’agissait de se nourrir. Il pouvait également vivre jusqu’à 30 ans.

Ne pouvant pas voler et n’étant pas farouche à l’encontre des êtres humains, le dodo a été chassé et son habitat naturel a été peu à peu détruit lorsque les colons hollandais sont arrivés sur l’île Maurice. C’est d’ailleurs le premier animal dont l’extinction est imputable à l’homme. Mais d’autres facteurs expliquent sa disparition comme le fait que ses nids étaient réalisés à même le sol. En effet, lorsque des chiens chats ou encore porcs ont été amenés par les colons sur l’île Maurice, les œufs de ce légendaire oiseau sont devenus une proie facile.

Crédits : Frederick William Frohawk/Wikimedia Commons

Cet animal ayant disparu très rapidement, les scientifiques ont eu du mal à déterminer son mode de vie, doutant même parfois de sa réelle existence. Mais une étude récente a permis d’en savoir plus sur ce gros dindon et sur ses activités tout au long de l’année.

De nouvelles données

Les chercheurs de l’université de Cape Town, en Afrique du Sud, ont étudié les ossements de 22 dodos plus ou moins bien conservés. Delphine Angst, la directrice de l’université, explique leurs découvertes : « En utilisant l’histologie des os pour la première fois, nous avons réussi à constater que cet oiseau se reproduisait à une certaine période de l’année et muait juste après ça ».

Crédits : gnomonic/Wikipédia

Pour que les oisillons puissent affronter les nombreux cyclones qui avaient lieu entre novembre et mars, les dodos se reproduisaient au mois d’août. Leurs petits pouvaient ainsi éclore en septembre et avaient le temps de grandir avant l’hiver. Leur croissance était donc très rapide. « Néanmoins, les oiseaux avaient certainement besoin de plusieurs années pour atteindre la maturité sexuelle, probablement parce que les oiseaux adultes n’avaient pas de prédateurs naturels », précise Delphine Angst.

Une autre découverte fait état d’une période de mue avant l’accouplement chez les dodos. Cette mue aurait eu lieu une fois par an au printemps. Le plumage marron et gris du dodo devenait alors noir. Ses plumes repoussaient ensuite de plus belle et reprenaient leurs couleurs afin d’être le plus attirant possible pour la saison des amours.

Sources : Sciences et Avenir ; Slate ; Futura Sciences