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4 raisons qui poussent les chasseurs à s’ériger en protecteurs de la nature

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Même si leur nombre baisse chaque année, les chasseurs sont encore un peu plus de 800 000 en France. Au cœur de nombreux incidents impliquant des animaux ou des êtres humains, ils sont souvent détestés par la population. Pourtant, leur parade de défense est bien rodée : ils revendiquent haut et fort leur rôle de protecteurs de la nature.

1/ Ils pensent réguler la population d’animaux

Si l’on écoute attentivement ce que disent les chasseurs pour justifier de leur pratique — qu’ils considèrent d’ailleurs majoritairement comme un loisir — on peut constater qu’ils contribuent, selon eux, à réguler le nombre d’animaux. En effet, la prolifération des animaux sauvages entraînerait le développement de maladies transmissibles au bétail ou même à l’homme.

Cette affirmation si ardemment défendue par les amoureux de la chasse pose malgré tout quelques problèmes d’éthique et de raisonnement. Tout d’abord, si la chasse était interdite, les cerfs, les lapins et les oiseaux se développeraient-ils de façon si exponentielle que ça ? Au point qu’ils prendraient le contrôle de nos cultures et contamineraient tous les animaux d’élevage et les humains jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul être vivant sur Terre ? Pas si sûr…

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Par ailleurs, le contexte actuel, où la plupart des espèces sont menacées de disparaître complètement de la surface de la planète d’ici quelques années, ne favorise pas la bénédiction de la pratique d’un « sport » tel que la chasse.

2/ Ils pensent se débarrasser des nuisibles

Les chasseurs présentent un autre argument, et de taille, puisqu’ils affirment empêcher les espèces considérées comme « nuisibles » de détruire les cultures en les exterminant. Le sanglier, le cerf, la belette, le lièvre ou encore le putois sont en effet connus pour gêner les agriculteurs dans leur travail en mangeant ou en piétinant les plantations. Quant au loup, il est accusé de chercher à se nourrir en s’attaquant aux troupeaux de brebis et est souvent froidement abattu.

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Le problème est que les hommes empiètent de plus en plus sur les espaces de vie des animaux sauvages, ne nous étonnons donc pas qu’ils entravent notre vie agricole. Mieux vaut se souvenir qu’à la base le monde est ainsi fait qu’il y a de la place pour tout le monde.

3/ Ils pensent être les garants de la biodiversité

Cela peut prêter à sourire, mais les chasseurs sont persuadés d’être des acteurs majeurs de la préservation de la nature. En effet, ils se vantent d’avoir ardemment défendu les zones humides afin d’éviter l’implantation de grandes entreprises agricoles, industrielles ou même de bâtiments.

Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay

Malheureusement, la raison n’est pas si noble que cela. En effet, en préservant les habitats des animaux, ils préservent ainsi leurs lieux de chasse. Ils pourront ainsi continuer à s’adonner librement à leur passe-temps favori. Car sans zones humides, pas de gibier.

4/ Ils pensent enrichir les territoires

Selon les chasseurs, leur participation économique à la protection des animaux et de la nature est d’une grande importance. En effet, non seulement ils paient une licence pour avoir le droit de chasser, mais en plus ils peuvent organiser des chasses aux trophées dont une grande partie des bénéfices est reversée au domaine de chasse d’accueil. Cet argent permet de nourrir les animaux, de payer les salariés du parc naturel ou encore de former des garde-forestiers chargés d’éloigner les braconniers.

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Ainsi, une chasse à l’ours ou au tigre, dont le prix moyen pour participer s’élève à 15 000 dollars, est utile à la société pour la protection des animaux. C’est d’ailleurs ce qu’a affirmé le prince William il y a peu, dans une interview télévisée et dont les propos ont déclenché une vive polémique : « L’argent payé par les chasseurs pour tuer les animaux vieux et impuissants pourrait servir à protéger d’autres espèces, ce qui est un argument en faveur de la chasse commerciale correctement contrôlée ».

Maintenant, à vous de vous faire votre propre opinion…

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